TRIBUNAL GRANDE INSTANCE DAKAR: NDÈYE MATY FALL ÉBOUILLANTE SA BELLE-FILLE ET ENCOURT TROIS ANS DE PRISON FERME

TRIBUNAL GRANDE INSTANCE DAKAR: NDÈYE MATY FALL ÉBOUILLANTE SA BELLE-FILLE ET ENCOURT TROIS ANS DE PRISON FERME

 130 clics

La nommée Ndèye Maty Fall a comparu mercredi 27 mai 2020, à l’audience des flagrants délits du tribunal de grande instance de Dakar (Tgi). Elle répondait des faits de coups et blessures volontaires avec préméditation ayant entraîné une incapacité temporaire de travail de 21 jours. Le parquet a requis 3 ans de prison ferme à l’encontre de l’épouse du père de la victime. 

Les faits pour lesquels la dame Ndèye Maty Fall a comparu mercredi à l’audience des Flagrants délits du Tgi de Dakar remontent à la date du 18 avril dernier aux environs de vingt heures trente minutes. Ce jour-là, la dame Ndèye Maty Fall a ébouillanté sa belle-fille Amy Ndoye dans un appartement alors que la famille était réunie autour d’un dîner. A en croire la prévenue, ce soir-là Ndèye Fatou Sylla a toqué à sa porte pour apporter le dîner à son grand-père. La porte ouverte, Amy Ndoye, armée d’un couteau, a voulu poignarder sa tante. Pour se sauver de cette attaque, la dame n’aurait eu d’autre solution que de déverser sur sa belle-fille le contenu la cafetière d’eau bouillante posée sur le gaz. « Si c’était à refaire, je ne le referais pas, mais je voyais la mort lorsque Amy Ndoye m’a agressé avec un couteau dans mon appartement. Je n’avais l’intention de me battre avec personne encore moins ébouillanter qui que ce soit », a regretté la tante. « J’ai tout fait pour les fuir à cause de leurs bagarres. J’ai renvoyé vingt-trois domestiques, » a déclaré la prévenue.

 « Personne n’est entré dans la chambre avec un couteau », a réfuté le témoin, El Hadj Racine Sène. A l’en croire, il n’y a pas eu d’altercation lorsque la victime a ouvert la porte. La prévenue l’a ébouillanté lorsque les personnes présentes s’apprêtaient à prendre le dîner. Selon le père de la victime et époux de la prévenue, ce qui s’est passé est la suite d’une dispute commencée la veille. « Entendant des cris, j’ai bloqué la porte de la chambre pour empêcher les personnes d’entrer et blesser ma femme », a soutenu le père de famille. En pleurs, il a décrit le comportement de sa fille. « J’ai cherché des solutions intermédiaires pour les séparer dans l’immeuble, mais cela n’a pas marché. Je gère la famille. Amy Ndoye est l’aînée mais elle est devenue insupportable. elle me fatigue, on dirait une crise de jalousie qui est devenue une guerre contre sa tante. A l’école, elle a frappé son professeur. Je lui ai trouvé du travail, elle s’est attaquée à son directeur », rappelle le père qui juge le comportement de sa fille inacceptable. 

 D’après les conseils de la partie civile, la matérialité des faits ne souffre aucune contestation possible. « Le certificat médical atteste les coups et blessures d’une incapacité de travail de 21 jours », a estimé Me Basse. Selon les conseils de la partie civile, Ndèye Maty Fall a soldé des comptes avec sa belle-mère. « Il y a préméditation dans son acte criminel qui mérite l’ouverture d’une information judiciaire. C’est un dessein formel, intention de nuire était manifeste par les blessures occasionnées au cou, au dos et au bras de la victime qui a été atteinte dans son intégrité physique. C’est un lourd préjudice esthétique mais la prévenue n’est pas consciente de la gravité des faits et n’a ressenti aucun remords », déplore Me Sène.

 « La prévenue représente un danger pour la société. Elle est très méchante au point de verser de l’eau chaude sur un être humain. Il n’y a pas eu d’excuse de provocation, ni aucune menace. La tante a reconnu avoir versé de l’eau chaude sur sa belle-fille. Elle a agi par surprise et a visé sa victime au moment où elle s’apprêtait à prendre le dîner. il faut que justice soit rendue et que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur », a plaidé Me Daff. La partie civile réclame la somme de 200 millions dommages et intérêts. « C’est une affaire d’une simplicité très limpide mais des faits très graves. Ce sont des faits de société, des actes à décourager », a soutenu le substitut du procureur. 

 Discussion sur la préméditation et l’excuse de provocation 

Le ministère public a relevé des incohérences dans les déclarations des prévenus. « L’existence du couteau soutenu n’a pas fait des séquelles à la prévenue », a relevé le parquetier. « Après avoir ébouillanté la victime, elle s’est réfugiée dans sa chambre. elle a attaqué trois dames qui cherchaient à se défendre. C’est un conflit familial qui a un épilogue dramatique. Ce sont des faits courants d’ébouillanter des personnes mais le recours à la violence n’est pas une solution pour régler des conflits familiaux », a soutenu le ministère public qui a requis trois ans de prison ferme à l’encontre de la prévenue.

 Quant à la défense, elle soutient que le parquet est dans son rôle à travers son analyse pour soutenir qu’il y avait préméditation. Mais, selon elle, les faits doivent être repris de façon objective. « C’est une association de malfaiteurs pour atteindre la dame Ndèye Maty Fall qui était en auto-confinement depuis 2014 à cause de la cohabitation impossible avec les filles de son époux, Idrissa Ndoye. La dame étant en perpétuel danger n’a jamais ouvert sa porte. Elle a été agressée avec un couteau et les cicatrices sont toujours présentes », a argué la défense. A titre principal, elle a soutenu la légitime défense à cause de l’agression subie avec un couteau. Et à titre subsidiaire la défense a plaidé l’excuse de provocation. « Les coups et blessures sont constants, mais ils sont été provoqués par une agression. la réponse a été nécessaire pour sa survie et la prévenue a versé de l’eau chaude sur son bourreau », a estimé Me Ndoye. Qui pense que si une infraction est commise sur la base d’une agression injuste et illégitime, elle est irrecevable. Le seul problème, à l’en croire, est que la dame est mariée à leur père et les belles filles s’opposent au mariage. pour me Ciré Bathily, on essaie de faire entrer le tribunal dans le terrain de l’émotion. « A partir de la presse et des réseaux sociaux, on ne peut pas faire pression sur une juridiction », a estimé Me Bathily. La défense a ainsi sollicité la relaxe pure et simple de la prévenue au bénéfice du doute. 

 Regrettant les faits, elle estime que la famille a besoin d’être réconciliée dès lors que rien ne pourra empêcher que la plaignante soit la fille de son père et la sœur des enfants de sa tante. l’affaire est mise en délibéré pour le 03 juin prochain. 

 Le Témoin