SUPPORTERS SÉNÉGALAIS À RABAT : L’AVOCAT DÉNONCE UNE «PRISE D’OTAGE» JUDICIAIRE

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Dix-huit supporters sénégalais détenus à Rabat ont été déférés au parquet ce jeudi. L’un des avocats de la défense, Maître Patrick Kabou, a livré un point de situation empreint d’amertume et d’inquiétude, dénonçant des manquements graves aux droits de la défense.

Selon Me Kabou, ses clients ont été entendus et présentés au procureur du Roi sans interprète en wolof. À ce jour, ils ignoreraient encore les motifs précis des poursuites engagées contre eux. «Nos 18 compatriotes en détention provisoire à Rabat, auditionnés sans interprète en wolof, présentés au procureur du Roi sans interprète en wolof, et qui… ne savent pas ce qu’on leur reproche, sont des otages au sens juridique du terme car privés de leur droit de se défendre», a-t-il martelé.

L’avocat parle d’une «prise d’otage» judiciaire qui s’accompagnerait, selon lui, de «restrictions qui enfreignent de manière honteuse et sans scrupule les textes internationaux en matière de procès équitable, de respect des droits de la défense et des droits des détenus». Il met en garde : «tout ce qui arrivera à ces détenus sera de la responsabilité unique et entière de celles et de ceux qui ont choisi de leur priver de leur droit de se défendre devant la loi.»

Ces déclarations soulèvent plusieurs questions juridiques et diplomatiques : l’absence d’interprétation lors des auditions constituerait une violation du droit à un procès équitable, reconnu par les standards internationaux et par la législation marocaine elle-même. L’avocat réclame l’accès sans délai à des traductions et la communication des charges retenues contre les intéressés, ainsi que la garantie de conditions de détention conformes aux normes.

Du côté des autorités marocaines, aucune communication officielle détaillée n’avait été diffusée au moment de la publication. Côté sénégalais, la situation reste sensible : la prise en charge consulaire des détenus, la vérification du respect de leurs droits et, le cas échéant, la demande d’explications aux autorités marocaines sont désormais au centre des attentions diplomatiques.

Le dossier, à la fois judiciaire et humanitaire, risque de peser sur les relations bilatérales si les allégations de violations des droits de la défense se confirment. Les organisations de défense des droits humains et les réseaux de soutien des supporters appellent à une vigilance accrue et à une transparence totale sur les procédures engagées.

En attendant, les familles des détenus, restées en contact avec les avocats, réclament la fin des incertitudes : elles exigent que leurs proches bénéficient d’un procès équitable, d’un accès à un interprète et d’une information claire sur les chefs d’accusation.