SEMAINE CLIMAT 2026 : À DAKAR, UN FRONT COMMUN POUR TRANSFORMER DURABLEMENT LES TERRITOIRES FACE À L’URGENCE CLIMATIQUE

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La cinquième édition de la Semaine Climat et Énergie s’est ouverte à Dakar sous le signe de l’action collective. Organisée par Enda Énergie avec l’appui de plusieurs partenaires nationaux et internationaux, la rencontre réunit des représentants de l’État, des collectivités territoriales, du secteur privé, de la recherche, des organisations internationales et de la société civile. Placée sous le thème « Transformons durablement nos territoires : savoirs, pouvoirs et action climatique », elle entend faire émerger des solutions concrètes pour renforcer la résilience des territoires face aux effets du changement climatique.
La capitale sénégalaise accueille la cinquième édition de la Semaine Climat et Énergie, devenue au fil des années un espace majeur de dialogue sur les enjeux climatiques et énergétiques en Afrique. À travers cette rencontre, Enda Énergie et ses partenaires veulent renforcer les synergies entre les différents acteurs afin d’accélérer la transition écologique et énergétique et de placer les territoires au cœur de l’action climatique.
À l’ouverture des travaux, le directeur général d’Enda Énergie, Emmanuel Faye, a souhaité la bienvenue aux participants avant d’exprimer sa reconnaissance au Gouvernement du Sénégal, notamment aux ministères de l’Éducation nationale et de l’Environnement, ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers ayant accompagné l’organisation de cette édition. Il a notamment cité Practical Action, le CDKN, l’IED, la DDC et les ambassades d’Irlande et de Norvège.
Selon Emmanuel Faye, la Semaine Climat s’est progressivement imposée comme un cadre privilégié de dialogue, d’apprentissage, de partage d’expériences et de préparation des grandes échéances internationales, notamment les Conférences des Parties (COP) et les trois Conventions de Rio.
Plus de dix ans après l’adoption de l’Accord de Paris, les territoires demeurent en première ligne face aux conséquences du changement climatique. Érosion côtière, sécheresses, inondations, hausse des températures ou encore salinisation des terres constituent autant de menaces qui imposent, selon le directeur d’Enda Énergie, une transformation profonde des politiques de développement.
VALORISER LES SAVOIRS LOCAUX ET LES RESSOURCES DES TERRITOIRES
Emmanuel Faye a insisté sur l’importance de valoriser les savoirs endogènes et les ressources locales pour construire des territoires plus résilients. Il a notamment cité plusieurs secteurs à fort potentiel, parmi lesquels l’agroécologie, l’agroforesterie, l’élevage, la pêche, la pisciculture, l’écotourisme, l’artisanat et l’éducation environnementale.
Il a également plaidé pour davantage d’investissements dans les infrastructures de désenclavement, de stockage et de transformation des productions locales. Pour lui, le renforcement de la résilience passe aussi par un transfert accru de ressources et de responsabilités aux collectivités territoriales, afin de leur permettre de mieux répondre aux défis auxquels leurs populations sont confrontées.
Le président du Comité national sur les changements climatiques (CONAC) a, pour sa part, souligné que les réponses à la crise climatique ne se construisent plus uniquement dans les grandes conférences internationales, mais également au cœur des territoires.
Revenant sur les avancées enregistrées depuis l’Accord de Paris de 2015, il a rappelé que les collectivités territoriales sont désormais considérées comme des acteurs essentiels de l’action climatique. Selon lui, la transformation durable des territoires doit s’appuyer sur quatre piliers : la connaissance, la gouvernance, l’action et le financement.
Il a ainsi appelé à renforcer la recherche scientifique, à mieux valoriser les savoirs traditionnels et à améliorer la coordination entre les institutions publiques, les collectivités territoriales, la société civile et le secteur privé. Il a également insisté sur la nécessité de faciliter l’accès des territoires aux financements climatiques.
Pour illustrer son propos, il a évoqué les travaux scientifiques ayant mis en évidence le rôle majeur des forêts naturelles dans le stockage du carbone, des recherches qui ont notamment contribué à l’émergence du mécanisme international REDD+.
LA RÉSILIENCE CLIMATIQUE PASSE AUSSI PAR L’ÉCONOMIE
Le représentant de Développement international Desjardins (DID) a, de son côté, établi un lien étroit entre résilience climatique et résilience économique. Il a rappelé l’engagement de son organisation dans l’accompagnement d’initiatives favorisant l’inclusion financière, le développement économique local et l’adaptation aux changements climatiques dans plusieurs pays.
Au Sénégal, DID met notamment en œuvre le projet Renouveau FG, destiné à renforcer la participation des femmes et des jeunes dans la chaîne de valeur des énergies renouvelables. L’organisation soutient également d’autres initiatives dans les secteurs agricole et communautaire.
Prenant la parole au nom du directeur exécutif d’Oxfam Sénégal, son représentant a insisté sur la nécessité de construire une transition énergétique véritablement juste. Celle-ci doit, selon lui, placer les populations au centre des politiques publiques, contribuer à réduire les inégalités, améliorer l’accès à une énergie durable et générer davantage d’opportunités économiques pour les femmes, les jeunes et les communautés les plus vulnérables.
À l’approche de la prochaine Conférence des Parties (COP), il a invité les participants à formuler des recommandations concrètes et à contribuer à l’émergence d’une voix africaine forte dans les négociations et débats internationaux sur le climat.
LES TERRITOIRES AU CŒUR D’UNE TRANSITION JUSTE ET INCLUSIVE
Les représentants de la société civile ont, eux aussi, appelé à une meilleure articulation entre les connaissances scientifiques, les compétences techniques, les savoirs locaux et les pratiques traditionnelles.
À leurs yeux, les territoires doivent devenir les véritables moteurs d’une transition juste, inclusive et durable. Une ambition qui suppose, selon eux, une gouvernance participative, des mécanismes de financement adaptés et une implication effective des citoyens dans la définition et la mise en œuvre des politiques climatiques.
Au terme de la cérémonie d’ouverture, un constat commun s’est imposé : face à l’accélération des changements climatiques, la transformation durable des territoires n’est plus une option, mais une priorité stratégique.
La réussite de cette ambition repose désormais sur une mobilisation collective associant l’État, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, le monde de la recherche, la société civile et les communautés. Un front commun nécessaire pour construire un modèle de développement plus résilient, inclusif et durable, au bénéfice des générations présentes et futures.
Assane Diop
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