SÉCURITÉ ROUTIÈRE : L’ANPAVH DÉNONCE UNE « GESTION OPAQUE » DE L’ANASER ET RÉCLAME LA PLACE DES VICTIMES DANS LA PRÉVENTION

Loading

À l’approche de la Tabaski, période traditionnellement marquée par une forte mobilité à travers le Sénégal, l’Association Nationale des Accidentés Vivant avec un Handicap (ANPAVH) appelle à une refonte des stratégies de prévention routière en intégrant davantage les victimes d’accidents dans les campagnes de sensibilisation et les politiques publiques.

Réunie à la gare routière des Beaux Maraîchers, l’organisation a porté un message clair : l’expérience des survivants de la route constitue un outil puissant pour prévenir les drames et sauver des vies.

« QUI MIEUX QUE LES VICTIMES POUR SENSIBILISER ? »

Lors de cette journée de sensibilisation, le président de l’ANPAVH, Ousmane Ndoye, a défendu l’idée d’une approche plus inclusive de la sécurité routière. Selon lui, les personnes ayant vécu un accident possèdent une légitimité particulière pour alerter les populations sur les dangers liés à l’excès de vitesse, à l’imprudence ou au non-respect du code de la route.

« Nous portons dans notre chair les séquelles des accidents. Nous savons mieux que quiconque ce qu’un excès de vitesse, une imprudence ou un non-respect du code de la route peuvent provoquer. Notre parole peut toucher les populations parce qu’elle est fondée sur le vécu », a-t-il déclaré.

Pour l’association, la prévention ne doit pas se limiter aux contrôles routiers et aux campagnes institutionnelles, mais intégrer la parole des victimes comme levier de changement des comportements.

FAIRE DU VÉCU DES ACCIDENTÉS UN LEVIER DE PRÉVENTION

L’ANPAVH estime que les victimes doivent être considérées comme de véritables partenaires dans la lutte contre l’insécurité routière.

« Les victimes doivent être considérées comme des partenaires stratégiques. Nous pouvons contribuer à sensibiliser les conducteurs, les transporteurs et les jeunes sur les risques réels de la route. Derrière chaque accident, il y a des familles brisées, des vies bouleversées et parfois des handicaps irréversibles », a souligné Ousmane Ndoye.

L’association insiste sur la nécessité d’un changement de méthode, fondé sur la proximité, le témoignage et la sensibilisation communautaire afin de réduire durablement le nombre d’accidents.

HOMMAGE À CHEIKH OUMAR GAYE

La rencontre a également servi de cadre pour rendre hommage à Cheikh Oumar Gaye, ancien directeur de l’Agence nationale de la sécurité routière, dont l’action en faveur de la prévention a été saluée par les responsables de l’ANPAVH.

« Nous avons tenu à honorer un homme qui a consacré une grande partie de son énergie à la sécurité routière. Les résultats obtenus durant son passage restent dans les mémoires et méritent d’être reconnus », a affirmé le président de l’association.

UN APPEL À LA VIGILANCE AVANT LES GRANDS DÉPARTS

Alors que les grands départs liés à la Tabaski approchent et que les accidents connaissent souvent une hausse durant cette période, l’ANPAVH appelle à une mobilisation collective.

L’association exhorte les conducteurs à faire preuve de prudence et invite les autorités à renforcer les actions de prévention et de contrôle. Pour ses responsables, la sécurité routière doit être une responsabilité partagée impliquant l’État, les transporteurs, les forces de sécurité, les collectivités territoriales et les victimes elles-mêmes.

« Notre combat n’est pas un combat de revendication personnelle. C’est un combat pour sauver des vies. Chaque accident évité est une famille épargnée et un avenir préservé », a conclu Ousmane Ndoye.