RAFET BOULEVERSE LES CONSCIENCES : UNE PROJECTION RICHE EN ÉMOTIONS, EN VÉRITÉ ET EN PLAIDOYER CONTRE LES PRÉJUGÉS.

![]()
La projection du film Rafet a donné lieu à un moment de haute intensité artistique, humaine et sociale. Entre émotion, engagement et réflexion, la réalisatrice Khadidiatou Sow, le cinéaste Moussa Sène Absa et la personnalité médiatique Mamy Samb Sabina ont livré des interventions fortes autour d’une œuvre qui interroge les blessures invisibles, les jugements sociaux et la résilience humaine. Une rencontre enrichie par la présence de plusieurs personnalités du monde de la culture, de l’éducation, de la psychologie et du cinéma.
Article
La projection du film Rafet n’a pas été un simple rendez-vous cinématographique. Elle s’est imposée comme un véritable espace de dialogue, de conscience et d’interpellation sociale, où l’art a servi de passerelle entre émotion, mémoire, combat personnel et responsabilité collective.
Dans une salle marquée par l’écoute, la sensibilité et le respect, plusieurs voix majeures se sont élevées pour accompagner cette œuvre puissante portée par la réalisatrice Khadidiatou Sow, dont la démarche artistique a été unanimement saluée pour sa profondeur, sa sincérité et sa portée humaine.
Khadidiatou Sow : “Rafet n’est pas seulement un film, c’est un cri humain”
Prenant la parole avec beaucoup de retenue, mais aussi avec une grande intensité émotionnelle, Khadidiatou Sow, réalisatrice de Rafet, a rappelé que son film dépasse le simple cadre de la fiction pour s’inscrire dans une démarche de vérité, de dénonciation et de réparation symbolique.
À travers cette œuvre, la réalisatrice a voulu mettre en lumière les douleurs silencieuses, les blessures identitaires, les violences psychologiques et les préjugés qui marquent encore de nombreuses trajectoires humaines, en particulier celles des personnes jugées trop vite par la société.
Son intervention a permis de mieux comprendre la portée de Rafet : un film pensé comme un miroir de notre société, de ses contradictions, de ses normes parfois brutales et de son regard souvent injuste sur la différence, la fragilité ou les parcours atypiques.
À travers son récit, Khadidiatou Sow donne une voix à celles et ceux qu’on entend peu, à ces vies intérieures que les apparences dissimulent, à ces souffrances que la société banalise trop souvent.
Moussa Sène Absa salue “une œuvre nécessaire qui parle vrai”
La présence du cinéaste Moussa Sène Absa a donné une résonance toute particulière à cette projection. Dans une intervention empreinte de profondeur, il a magnifié la portée du film en soulignant que Rafet fait partie de ces œuvres rares qui ne se contentent pas de raconter une histoire, mais qui osent interroger le réel.
Pour lui, le cinéma ne doit pas seulement divertir. Il doit aussi questionner, déranger parfois, éclairer et éveiller les consciences. Et c’est précisément ce que réussit Rafet, en mettant au centre du débat l’humain, ses blessures, ses silences, ses combats et son besoin de reconnaissance.
Moussa Sène Absa a insisté sur le fait que ce film nous oblige à repenser notre rapport à l’autre, à interroger nos regards, nos jugements et notre capacité à accueillir ce qui ne rentre pas toujours dans les normes imposées par la société.
Pour le réalisateur, Rafet est une œuvre de courage, une œuvre qui parle vrai, et qui rappelle avec force que chaque être humain porte une histoire que le monde ne voit pas toujours.
Mamy Samb Sabina : un témoignage personnel fort contre les préjugés
L’un des moments les plus marquants de cette rencontre a sans doute été l’intervention de Mamy Samb Sabina, qui a su donner au débat une dimension profondément personnelle, humaine et inspirante.
Avec beaucoup de sincérité, elle a rappelé que le thème du film la touche directement, car elle-même a été confrontée à des préjugés, à des jugements et à des regards réducteurs avant de s’imposer, à force de courage et de persévérance, comme la personnalité médiatique qu’elle est aujourd’hui.
Son témoignage a donné une résonance particulière à Rafet, en rappelant que derrière chaque personne se cache souvent un combat invisible, et que les blessures liées au rejet, à l’exclusion ou à la stigmatisation peuvent marquer durablement un parcours.
Mais son message fut aussi un message d’espoir.
Celui d’une femme qui a choisi de ne pas laisser les préjugés définir sa valeur, qui a décidé de transformer la douleur en force, et les obstacles en levier d’affirmation.
À travers son intervention, Mamy Samb Sabina a lancé un appel fort à plus de bienveillance, de compassion et de lucidité dans le regard que nous portons sur les autres.
Une projection enrichie par des regards complémentaires
Au-delà des prises de parole artistiques, la rencontre autour de Rafet a également gagné en richesse grâce à la présence de plusieurs personnalités venues apporter un éclairage complémentaire sur les dimensions éducatives, psychologiques, culturelles et institutionnelles du film.
La psychologue Soukeyna, présente à cette rencontre, a contribué à replacer les thématiques du film dans une lecture plus sensible des traumatismes, des blessures psychologiques et de l’impact des jugements sociaux sur la construction de l’estime de soi.
Sa présence a renforcé l’idée selon laquelle Rafet n’est pas uniquement une œuvre artistique, mais aussi un support de réflexion sociale et psychologique, capable d’ouvrir un débat utile sur les fragilités humaines et la nécessité d’un meilleur accompagnement émotionnel dans notre société.
À ses côtés, Queen Absa, éducatrice, a également marqué de sa présence cette rencontre, soulignant par sa posture et son engagement l’importance de l’éducation, de l’écoute et de l’encadrement dans la lutte contre les stéréotypes et les exclusions.
Une reconnaissance institutionnelle et culturelle de haut niveau
La portée de l’événement a aussi été renforcée par la présence de Dr Abdoulaye Ly, directeur de l’École des Arts et du Musée des Civilisations Noires, dont la participation symbolise l’importance croissante accordée à un cinéma de contenu, de conscience et de transmission.
Sa présence a donné à cette projection une dimension culturelle et patrimoniale forte, rappelant que les œuvres comme Rafet participent à la construction d’une mémoire sociale, à la valorisation des récits humains et à la consolidation d’un imaginaire collectif plus juste et plus inclusif.
Également présent, M. Mounir Barro, représentant de la Direction de la Cinématographie, a incarné l’attention portée par les institutions au développement d’un cinéma sénégalais engagé, audacieux et socialement utile.
Sa présence témoigne de la reconnaissance croissante d’un cinéma qui ne se contente pas de distraire, mais qui participe à l’éducation citoyenne, à la réflexion sociale et à l’élévation des consciences.
Rafet, un film qui dépasse l’écran
Au fil des interventions, une conviction commune s’est imposée : Rafet est bien plus qu’un film.
C’est une œuvre de vérité, une interpellation sociale, un cri contre les préjugés, mais aussi un hommage à la résilience humaine.
Le film pose des questions fondamentales :
Comment regardons-nous celles et ceux que la société marginalise ?
Sommes-nous capables de voir au-delà des apparences ?
Savons-nous reconnaître les blessures invisibles ?
Et avons-nous suffisamment d’humanité pour accueillir l’autre dans sa vérité ?
Par sa narration, par sa sensibilité et par les débats qu’il suscite, Rafet s’impose comme une œuvre qui ouvre les consciences et prolonge la réflexion bien au-delà de la salle de projection.
Une œuvre à faire voyager
À l’issue de cette rencontre, un message fort s’est dégagé : Rafet mérite de voyager, d’être vu, débattu, partagé et porté dans les espaces éducatifs, culturels et médiatiques.
Car les grandes œuvres ne s’arrêtent jamais au générique de fin.
Elles continuent de vivre dans les regards qu’elles changent, dans les cœurs qu’elles touchent et dans les prises de conscience qu’elles provoquent.
Et à ce titre, Rafet s’annonce déjà comme une œuvre importante, sensible et nécessaire dans le paysage cinématographique sénégalais. Assane Diop
Articles similaires
Dernière minute: Assane Diouf cueilli par la Dic
Dernière minute: Assane Diouf cueilli par la Dic
Maguette NDiaye lance un appel au Président Macky Sall pour récompenser Birane Ngom en reconnaissance de ses contributions exceptionnelles au Sénégal
Lors d’une cérémonie prestigieuse organisée à Casablanca, Birane Ngom, Directeur du Système d’Information de la Caisse de Sécurité Sociale (CSS), a été honoré en recevant…
DÉMISSION DE LA DIRECTRICE DE LA PROMOTION DE L’ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE
DÉMISSION DE LA DIRECTRICE DE LA PROMOTION DE L'ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE
ASSISES DE L’ÉCONOMIE ET DU COMMERCE : L’UNACOIS YESSAL FAIT DU « BAYE DUNDÉ » LE PILIER DE LA SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE DU SÉNÉGAL
La quatrième édition des Assises de l’économie et du commerce de l’UNACOIS Yessal a servi de tribune pour réaffirmer l’ambition de bâtir une économie sénégalaise…
