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La tension est montée d’un cran ce mardi à l’Assemblée nationale. Invité à répondre aux questions d’actualité des députés, le Premier ministre Ousmane Sonko a profité de la tribune pour adresser une mise au point cinglante à l’endroit de Mame Mactar Guèye, connu pour ses positions véhémentes contre l’homosexualité.
Sans jamais le nommer directement dans un premier temps, le chef du gouvernement a vivement critiqué l’attitude de « certains » qui, selon lui, se comportent en censeurs autoproclamés sur des questions de société sensibles. « Il y a des gens qui croient être les élus habilités à parler de l’homosexualité. Ils en font trop », a lancé Ousmane Sonko depuis le perchoir, visiblement agacé par les récentes sorties médiatiques du président de JAMRA.
Le Premier ministre a particulièrement déploré la méthode consistant à divulguer publiquement des listes de personnes supposées homosexuelles. « Rien ne les autorise à publier les noms des gens sous prétexte qu’ils sont homosexuels. C’est une question régalienne, et les autorités sont là pour s’en charger », a-t-il martelé, réaffirmant avec force que le traitement de telles affaires relève de la seule compétence de l’État et de ses institutions.
Mais la réplique du chef du gouvernement ne s’est pas arrêtée aux mots. Dans une révélation qui a fait souffler un vent de stupéfaction dans l’hémicycle, Ousmane Sonko a annoncé avoir ordonné le retrait immédiat de la protection sécuritaire dont bénéficiait Mame Mactar Guèye. « Quand j’ai entendu qu’une sécurité avait été mise à sa disposition, j’ai demandé au ministère de l’Intérieur de la retirer », a-t-il affirmé, justifiant cette décision par la nécessité de ne pas cautionner des initiatives individuelles jugées excessives et potentiellement dangereuses pour l’ordre public.
Cette sortie du Premier ministre constitue un désaveu cinglant pour Mame Matar Gueye , qui jouissait jusqu’alors d’une certaine liberté de ton et d’action sur ces questions. En retirant la garde rapprochée de Mame Mactar Guèye, Ousmane Sonko envoie un signal clair : la gestion de l’ordre public et l’application des lois ne sauraient être supplantées par des initiatives personnelles, aussi médiatiques soient-elles. Une manière de rappeler que, sur les sujets régaliens, l’État entend bien rester le seul maître à bord.

