LES ARCHIVES, PILIER DE LA JUSTICE ET DE LA MÉMOIRE : L’EBAD ALERTE SUR LES DÉFIS AU SÉNÉGAL

11/06/2026 Djibril Diallo 5
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À l’occasion de la Semaine internationale des archives, célébrée à travers le monde, l’École de Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (EBAD) a organisé une journée d’études consacrée au thème « Archives, droit, justice et mémoire ». Cette rencontre, initiée par le Laboratoire de Recherche en Sciences de l’Information et de la Communication (LARSIC), a réuni universitaires, magistrats et professionnels du secteur pour réfléchir au rôle essentiel des archives dans la société.

Les intervenants ont unanimement souligné que les archives constituent le socle de la vérité, de la preuve et de la mémoire collective. « Sans archives, il ne peut y avoir ni preuve, ni justice », ont-ils rappelé, mettant en avant leur importance dans les procédures judiciaires et la préservation de l’histoire des nations.

Selon les experts présents, les archives jouent un rôle déterminant dans l’établissement des faits et la reddition des comptes. Elles documentent l’action administrative et permettent de garantir la transparence dans la gestion publique. À ce titre, elles représentent un outil indispensable pour le fonctionnement de l’État de droit.

Cependant, plusieurs défis majeurs continuent de freiner leur valorisation au Sénégal. Parmi eux figurent les difficultés de conservation, avec des documents souvent stockés dans des locaux inadaptés, le manque de moyens alloués à leur préservation ainsi que l’absence de procédures efficaces d’accès aux archives.

Les spécialistes ont également insisté sur les enjeux liés à la numérisation. Si celle-ci facilite la diffusion et la sauvegarde des documents, elle ne peut être efficace sans une organisation préalable des fonds documentaires. « Numériser des archives mal classées revient à produire des données numériques difficilement exploitables », a souligné un participant.

Les débats ont par ailleurs porté sur l’émergence des archives numériques natives, notamment les échanges électroniques et les messages instantanés. Ces nouveaux supports posent des questions inédites concernant leur valeur probante et leur authenticité, dans un contexte marqué par le développement de l’intelligence artificielle et des risques de falsification documentaire.

L’état général des archives au Sénégal a également suscité des inquiétudes. Malgré l’existence d’infrastructures spécialisées, comme le Centre national des archives judiciaires de Louga, les conditions de conservation demeurent globalement insuffisantes pour garantir une protection durable du patrimoine documentaire national.

Face à ces constats, les experts ont appelé les pouvoirs publics à mettre en place une véritable politique nationale des archives. Ils plaident pour un renforcement du cadre réglementaire, une modernisation des infrastructures de conservation, ainsi qu’un soutien accru aux institutions de formation et de recherche comme l’EBAD et aux Archives nationales.

Pour les participants, la préservation des archives constitue un enjeu stratégique pour la justice, la mémoire collective et la gouvernance. Ils estiment qu’une meilleure prise en compte de cette question permettrait au Sénégal de renforcer la transparence administrative et de préserver efficacement son patrimoine historique pour les générations futures.

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