LE PREMIER VOTE INDICATIF À L’ONU PLACE MACKY SALL EN DIFFICULTÉ, SELON CARLOS LOPES

05/08/2026 Djibril Diallo 601
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Le premier vote indicatif (« straw poll ») organisé au Conseil de sécurité des Nations unies dans le cadre de la désignation du prochain secrétaire général a placé la candidate du Costa Rica, Rebeca Grynspan, en tête des préférences, tandis que les candidatures africaines, notamment celle de l’ancien président sénégalais Macky Sall, enregistrent un départ jugé difficile.

Analysant les premiers résultats, l’économiste et diplomate Carlos Lopes estime que ce scrutin confirme les difficultés déjà perceptibles autour des candidatures africaines. Concernant Macky Sall, il considère que le soutien officiel du président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, est intervenu tardivement et n’a pas permis de dissiper les divisions internes liées à son héritage politique. Selon lui, ces divergences se sont également répercutées au niveau sous-régional, fragilisant davantage sa candidature.

S’agissant du candidat ougandais Olara Otunnu, Carlos Lopes souligne que, malgré son prestige diplomatique et son rôle historique au sein des Nations unies, son entrée tardive dans la course ainsi que son parcours politique complexe limitent aujourd’hui ses chances.

L’ancien secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique estime également que le maintien de plusieurs candidatures africaines intervient dans un contexte où le principe de rotation régionale favorise cette fois l’Amérique latine et les Caraïbes. Selon lui, remettre en cause cette logique pourrait affaiblir la position du continent africain, qui a largement bénéficié de ce mécanisme lors de l’élection des anciens secrétaires généraux africains.

Interrogé sur l’éventualité d’un soutien officiel de l’Union africaine à Macky Sall, Carlos Lopes juge cette perspective peu réaliste. Il évoque à la fois des obstacles procéduraux et des réserves politiques de plusieurs États membres, attachés au respect du principe de rotation régionale.

Selon les résultats du premier vote indicatif, Macky Sall aurait obtenu six bulletins favorables, sept défavorables et deux abstentions ou sans opinion. Malgré ce bilan, Carlos Lopes estime que la décision de l’ancien chef de l’État sénégalais de maintenir sa candidature reste cohérente, les premiers tours de consultation ayant principalement pour objectif d’évaluer les rapports de force. Il reconnaît toutefois que le candidat sénégalais apparaît, à ce stade, comme celui qui rencontre les plus grandes difficultés parmi les prétendants.

Enfin, l’expert estime que les candidatures féminines disposent aujourd’hui d’un avantage politique. Il cite notamment Rebeca Grynspan, du Costa Rica, et Carolyn Rodrigues-Birkett, du Guyana, comme les deux personnalités les mieux placées après ce premier vote. Selon lui, après près de huit décennies d’existence de l’Organisation des Nations unies sans qu’aucune femme n’ait occupé le poste de secrétaire générale, de nombreux États considèrent qu’il est temps de corriger cette situation historique.

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