LE PARQUET DE DAKAR S’AUTOSAISIT SUR LA GESTION DE L’AIDE PUBLIQUE À LA PRESSE

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Le dossier relatif à la gestion de l’aide publique à la presse connaît un nouveau rebondissement. D’après des informations relayées par le quotidien *L’Observateur*, le Parquet de Dakar s’est autosaisi à la suite de déclarations jugées controversées de Mame Matar Guèye, président de l’organisation Jamra, portant sur la répartition des fonds destinés aux médias.

Dans le cadre de cette procédure, le Parquet a transmis le dossier à la Sûreté urbaine de Dakar afin d’ouvrir une enquête approfondie. L’objectif est d’établir les faits, de vérifier la nature des allégations formulées et d’examiner les éventuelles incohérences évoquées dans le cadre du financement de la presse.

À l’origine de l’intervention judiciaire, une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence, Mame Matar Guèye met en cause la gestion de l’aide à la presse, dénonçant une distribution « inéquitable » des fonds publics. Il évoque notamment une enveloppe estimée à environ un milliard de FCFA qui n’aurait pas été effectivement reversée à certains organes de presse ayant déposé des dossiers.

Le président de Jamra affirme également que des structures qu’il qualifie « d’inexistantes » auraient, elles, bénéficié de financements. Selon lui, la répartition des ressources serait déséquilibrée et manquerait de transparence.

Face à ces accusations, les autorités judiciaires entendent procéder à des vérifications rigoureuses. Les enquêteurs de la Sûreté urbaine de Dakar devront notamment analyser les éléments avancés et interroger, si nécessaire, les services concernés afin de confronter les déclarations à la réalité des procédures.

Selon des sources proches du dossier, Mame Matar Guèye pourrait être entendu dans les prochaines heures pour apporter des éclaircissements sur la base de ses propos.

À ce stade, aucune qualification pénale n’a été retenue. Toutefois, en l’absence de preuves matérielles venant étayer les accusations, des suites judiciaires pourraient être envisagées au regard de dispositions prévues par le droit sénégalais, notamment en matière de diffusion de fausses nouvelles.

Cette affaire ravive, une fois encore, le débat sur la transparence et sur les critères d’attribution de l’aide publique à la presse au Sénégal, un sujet qui suscite régulièrement des controverses entre acteurs médiatiques, société civile et autorités publiques.