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Le gouvernement sénégalais a officiellement lancé la phase opérationnelle des projets structurants du New Deal technologique. Un an après l’annonce de cette ambition de transformation digitale, l’exécutif franchit une étape décisive en passant du cap stratégique à la mise en œuvre concrète. L’objectif affiché : moderniser l’administration, consolider la souveraineté numérique et améliorer, de façon mesurable, l’accès des citoyens et des entreprises aux services de l’État.
Une réforme centrée sur l’usager
Au cœur du dispositif, la plateforme « e-Sénégal » ambitionne de devenir un point d’entrée unique pour les démarches publiques. En centralisant les services, le gouvernement vise une réduction des délais, des déplacements inutiles et des lenteurs bureaucratiques, au profit d’une relation plus transparente et plus fluide entre l’État et ses usagers.
Dans la même dynamique, « e-Consulat » étend ses services à la diaspora, tandis que « SenTrésor » introduit un système unifié de paiement électronique pour les obligations envers l’État, notamment les impôts et certains services locaux.
L’interopérabilité pour en finir avec la répétition
Le projet repose aussi sur une infrastructure clé : une plateforme nationale d’interopérabilité permettant aux administrations d’échanger des données en temps réel. À travers le principe du « once only », le Sénégal entend mettre fin à la redondance des procédures, en évitant aux citoyens de fournir plusieurs fois les mêmes informations.
Gouvernance du numérique : éviter la fragmentation
Au-delà des outils, c’est la gouvernance numérique qui est restructurée. La mise en place du Comité de gouvernance du numérique (GouvNum) vise à renforcer la coordination des initiatives digitales de l’État et à limiter les risques de dispersion observés auparavant. En complément, le Conseil national du numérique doit apporter une expertise stratégique pour orienter les choix technologiques.
Un investissement massif à l’horizon Sénégal 2050
Le New Deal technologique s’inscrit dans une vision de long terme adossée au programme Sénégal 2050. Les investissements sont estimés à environ 1 100 milliards de FCFA sur la prochaine décennie, avec une part importante consacrée à la connectivité et à l’inclusion numérique. L’objectif est de raccorder plus d’un million de citoyens dans les zones encore non couvertes, afin de réduire les inégalités d’accès à Internet.
Infrastructures et cybersécurité au premier plan
Sur le plan technique, l’État accélère le déploiement de data centers souverains, notamment à Diamniadio et Orana, tout en renforçant la bande passante nationale. Celle-ci devrait évoluer d’environ 600 Mbps à 20 Gbps. Par ailleurs, un cloud souverain est mis en place pour garantir l’hébergement local des données sensibles, dans un contexte où la cybersécurité devient un enjeu stratégique.
Un cadre pour soutenir l’innovation
Le secteur privé est également intégré à la dynamique : avec le Start-up Act, désormais en phase d’exécution, les autorités entendent structurer un écosystème d’innovation capable d’alimenter une économie numérique compétitive. Financement, accompagnement et cadre réglementaire constituent les trois piliers annoncés.
Une transformation structurelle de l’action publique
Plus qu’une simple digitalisation, le New Deal technologique s’apparente à une transformation de l’action publique : passage d’une administration fragmentée à un système intégré, piloté par la donnée et orienté vers la performance. En enclenchant cette phase opérationnelle, le Sénégal se positionne comme un acteur majeur de la construction d’un écosystème numérique cohérent, au service du développement économique et de l’efficacité de l’État.


