LE CHAUFFEUR DU CAMION IMPLIQUÉ DANS L’ACCIDENT DE YOFF ARRÊTÉ, L’AGEROUTE ANNONCE UNE PLAINTE

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Le chauffeur du camion responsable des dommages à la passerelle piétonne de Yoff, survenus ce mercredi 11 décembre, est désormais entre les mains de la gendarmerie. Selon Mamadou Ndao, directeur général de l’Agence des travaux et de gestion des routes (Ageroute), ses services ont décidé de porter plainte pour destruction de l’infrastructure. « Nos équipes juridiques vont travailler avec les services du ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens », a-t-il déclaré lors d’un entretien avec L’Observateur.
Heureusement, l’incident n’a causé ni perte de vie ni blessure grave. Mamadou Ndao a précisé : « Le sous-préfet m’a dit qu’il y a eu un blessé léger », tout en regrettant les dégâts matériels considérables. Il a averti que « le coût de reprise de cette infrastructure est assez important », bien qu’il n’ait pas été en mesure de fournir un montant précis.
Concernant la date de remise en service de la passerelle, le directeur de l’Ageroute a tempéré les attentes : « On ne peut pas donner des délais parce qu’on est en train de déposer la passerelle, pour éviter qu’elle tombe sur les automobiles et sur la route. Après, il faudra procéder au diagnostic pour savoir les coûts des travaux ; cela nécessite une monétisation minutieuse. »
Mamadou Ndao a souligné que la priorité de l’Ageroute reste de sécuriser la zone : « En tant que gestionnaire du réseau, ma préoccupation aujourd’hui reste de déposer cette passerelle pour éviter des problèmes. »
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LA LOI ANTITABAC DORT, L’INDUSTRIE DU TABAC RÈGNE
Présentée comme une avancée majeure, l’annonce d’une baisse de plus de 25 % de la consommation de tabac au Sénégal par la Global Adult Tobacco Survey (GATS) 2025 est vigoureusement rejetée par plusieurs organisations de la société civile, dont la Ligue Sénégalaise Contre le Tabac (LISTAB). Elles dénoncent une désinformation grave, une ingérence persistante de l’industrie du tabac et une violation systématique des engagements nationaux, régionaux et internationaux du Sénégal en matière de santé publique. Une enquête internationale fortement contestée La Global Adult Tobacco Survey (GATS) 2025 affirme que le Sénégal aurait enregistré une baisse historique de plus de 25 % de la consommation de tabac chez les adultes, au point de figurer parmi les leaders africains en matière de lutte antitabac. Une affirmation que la LISTAB et d’autres acteurs rejettent catégoriquement, estimant qu’elle ne reflète en rien la réalité du terrain. Selon eux, cette enquête repose sur des chiffres erronés et sert davantage à « jeter de la poudre aux yeux de l’opinion » qu’à éclairer les politiques publiques. Dans les faits, le tabac est omniprésent sur l’ensemble du territoire sénégalais, consommé dans les lieux publics, vendu sans contrôle, y compris aux abords des écoles. Une loi antitabac non appliquée depuis 2014 Adoptée le 14 mars 2014, la loi antitabac du Sénégal reste largement inappliquée. Les décrets d’application essentiels, notamment ceux relatifs à la fabrication, à la vente, à la fiscalité, à l’étiquetage et aux débits de tabac, sont en souffrance depuis plus de cinq ans dans les circuits administratifs. Le Sénégal, pourtant signataire de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) depuis 2005, viole plusieurs de ses dispositions, notamment l’article 5.3, qui interdit toute ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques de santé publique. Ingérences et financements controversés La LISTAB dénonce une ingérence multiforme de l’industrie du tabac et de certains partenaires étrangers dans les décisions de l’État et le fonctionnement de la société civile. Des exemples sont cités, notamment : des dons de matériel effectués par des multinationales du tabac lors de crises (inondations de 2008) ; des contributions financières indirectes (« proxys ») liées à l’industrie du tabac, y compris dans le cadre du fonds Force Covid-19. Ces pratiques, bien que présentées comme humanitaires, constituent selon les organisations antitabac une violation flagrante des engagements internationaux du Sénégal. Une fiscalité inefficace et des privilèges accordés à l’industrie Malgré une augmentation récente du taux de la taxe spécifique sur le tabac (de 65 % à 70 %), les effets restent insignifiants. Cette mesure, prise sans concertation et sans application rigoureuse de la loi antitabac, est qualifiée de « coup d’épée dans l’eau ». Pire encore, le Code général des impôts (CGI) accorde des exonérations et avantages fiscaux à l’industrie du tabac, y compris sur certains produits comme les tabacs bruts, les produits à chiquer, à priser, les cigarettes électroniques et les produits du tabac chauffé. Explosion du tabagisme chez les jeunes et nouveaux produits Le marché sénégalais est aujourd’hui envahi par les cigarettes électroniques, les sachets de nicotine et les produits du tabac chauffé, souvent présentés comme moins nocifs. En réalité, ces produits, intrinsèquement toxiques et cancérogènes, ciblent particulièrement les jeunes, les adolescents et les groupes vulnérables. La vente de tabac aux mineurs est courante, parfois même devant les établissements scolaires, en totale violation de la loi. Un pays en porte-à-faux avec ses engagements régionaux et internationaux La LISTAB affirme que le Sénégal est aujourd’hui en totale violation : de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) ; du Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac ; des directives de la CEDEAO et de l’UEMOA sur la fiscalité et la taxation du tabac ; du programme MPOWER de l’OMS. Au lieu d’être un modèle, le Sénégal se retrouve « dernier du peloton » en matière de lutte antitabac en Afrique. Un appel urgent à la vérité et à l’action Face à cette situation alarmante, les organisations de lutte contre le tabac appellent à : rejeter officiellement les conclusions de la GATS 2025 ; mettre fin à toute ingérence de l’industrie du tabac ; appliquer strictement la loi antitabac de 2014 ; renforcer la fiscalité, le contrôle, la traçabilité et la protection des jeunes ; mobiliser des ressources propres, indépendantes de l’industrie du tabac. Sans un sursaut politique et institutionnel, préviennent-elles, la santé des populations, en particulier celle des enfants et des jeunes, continuera d’être sacrifiée au profit d’intérêts économiques contraires à l’intérêt général. Proposer des titres en majuscules
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