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L’Alliance Pour la République (APR) a livré une appréciation particulièrement sévère de la situation nationale dans une déclaration rendue publique à Dakar, qualifiant la gestion actuelle du pays d’« incurie ». L’ancien parti au pouvoir affirme rejeter catégoriquement toute tentative de réforme constitutionnelle par voie parlementaire, estimant que les véritables priorités du Sénégal se situent ailleurs.
Après s’être inclinée devant la mémoire des victimes de l’accident survenu aux environs de Farafegne, la formation politique a décrit l’année 2025 comme l’une des plus éprouvantes pour les populations sénégalaises, confrontées, selon elle, à une accumulation de crises. L’APR soutient que les citoyens vivent à la limite du supportable, dénonçant une gouvernance jugée largement en deçà des standards requis.
Sur le plan institutionnel, le parti estime que le Sénégal ne souffre pas d’un problème de cadre démocratique. Il rappelle les trois alternances réussies qu’a connues le pays pour étayer son argumentaire. Dans cette logique, l’APR juge non pertinente la création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI), considérant que la Commission électorale nationale autonome (CENA) a, par le passé, fait preuve d’efficacité et de neutralité.
Abordant la situation économique, l’APR dénonce un blocage attribué à des mesures qualifiées de « hasardeuses », aggravées par une cherté de la vie qui pèserait lourdement sur les ménages. Dans ce texte relayé par Emedia, le parti minimise par ailleurs la portée de la tournée du président Bassirou Diomaye Faye en Casamance, qu’il présente comme une simple appropriation de projets initiés sous le régime précédent.
Les critiques s’étendent également à la gestion des finances publiques. L’APR s’indigne notamment d’un appel supposé adressé au ministre des Finances pour mobiliser des ressources en dehors des circuits légaux, qualifiant cette démarche de démagogie et d’aveu d’impuissance de la part des autorités.
Les attaques les plus virulentes visent le Premier ministre Ousmane Sonko, accusé d’être obsédé par l’élection présidentielle de 2029 et de contribuer à une fragilisation de l’État de droit. L’APR évoque une instrumentalisation de la justice, notamment dans l’affaire opposant le chef du gouvernement à Mame Mbaye Niang, et appelle les magistrats à résister à toute forme de pression politique.
Tout en affirmant que la seule issue réside, selon elle, dans la défaite du régime actuel, l’APR a conclu sa déclaration sur une note plus positive, en saluant la qualification des Lions du Sénégal pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations, présentée comme l’unique motif de satisfaction dans un contexte jugé morose.


