LA FSF MET EN DEMEURE LA CAF ET ANNONCE LA SAISINE DU TAS APRÈS LA DÉCISION SUR LA FINALE DE LA CAN 2025

Loading

La Fédération sénégalaise de football (FSF) a réagi avec fermeté à la décision de la Commission d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) déclarant le Sénégal forfait et attribuant la finale de la CAN 2025 au Maroc sur le score de 3–0. Dans une mise en demeure adressée au secrétaire général de la CAF, l’instance nationale conteste formellement une décision qu’elle juge « infondée en droit, arbitraire et manifestement disproportionnée ».

La FSF invoque la Loi du Jeu et la souveraineté de l’arbitre
La Fédération soutient que la Commission d’appel a commis une grave erreur juridique en s’appuyant sur l’article 84 du règlement de la CAF pour qualifier un incident survenu lors de la finale d’« abandon ». Dans son courrier, la FSF rappelle la Loi 5 de l’IFAB (lois du jeu), selon laquelle l’arbitre a exercé son pouvoir discrétionnaire en optant pour une suspension temporaire et non pour un arrêt définitif de la rencontre. Le match, souligne la FSF, a repris, le penalty a été tiré et l’issue a été actée à la fin des prolongations.

La fédération argue en outre que la CAF a violé la « Field of Play Doctrine » consacrée par la jurisprudence du Tribunal arbitral du sport (TAS), qui reconnaît la souveraineté décisionnelle de l’arbitre sur le terrain. « Requalifier a posteriori un incident de jeu résolu sur le terrain en forfait, c’est porter atteinte à la sécurité juridique de la compétition », écrit la FSF.

Erreur de qualification et disproportion de la sanction
La FSF insiste sur la « erreur manifeste de qualification juridique » : pour elle, l’article 84 — qui vise l’abandon définitif d’un match — ne saurait s’appliquer lorsque les joueurs sont revenus sur la pelouse et que la rencontre a été validée par l’arbitre. L’instance évoque également la disproportion de la sanction : retirer un titre continental à la suite d’un arrêt de jeu temporaire de quinze minutes, alors que la partie a repris et s’est achevée normalement, relève, selon elle, d’une sanction ultra vires par rapport à la jurisprudence du TAS, citant notamment l’arrêt TAS 2013/A/3139.

Mise en demeure et calendrier d’actions juridiques
La FSF demande formellement à la CAF de suspendre l’exécution de sa décision et de geler toute procédure visant à remettre le trophée au Maroc, en attendant un arbitrage définitif. Elle annonce son intention de saisir le Tribunal arbitral du sport dans un délai de 48 heures pour solliciter l’annulation pure et simple de la décision de la Commission d’appel.

Parmi les demandes de la FSF figure la communication immédiate — « sans délai » — de l’intégralité du rapport de l’arbitre et des officiels de match, éléments essentiels à la préparation du recours. La Fédération prévient qu’à défaut de transmission sous 24 heures, elle déposera en urgence une requête devant le TAS assortie d’une demande de mesures provisoires destinées à préserver l’intégrité du palmarès de la CAN.

Contexte et enjeux
La décision de la Commission d’appel, qui a appliqué l’article 84 pour déclarer le Sénégal forfait et inscrire le résultat sur le score forfaitaire de 3–0 en faveur du Maroc, a déjà suscité de vives réactions au Sénégal et à l’étranger. La mise en demeure de la FSF marque une montée en puissance de la riposte juridique sénégalaise et annonce un long contentieux devant les instances arbitrales internationales, qui pourrait retarder toute confirmation définitive du palmarès de la compétition.

La FSF met en avant des arguments procéduraux et juridiques centraux — souveraineté de l’arbitre, non-application d’un article réservé aux abandons définitifs, proportionnalité des sanctions — et laisse désormais le soin au TAS de trancher sur le fond et la forme de la décision de la CAF. Le prochain épisode juridique se jouera dans les 48 heures, lorsque la requête de la Fédération sera déposée et que, possiblement, des mesures provisoires seront sollicitées pour empêcher toute remise officielle du trophée.