IL EST TEMPS, MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA REPUBLIQUE (Par Ministre Thierno LO Un Républicain Libre )

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Quand le pays s’essouffle et que les dirigeants rivalisent en meetings, il faut parler. Parce que le silence devient complice.
À Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République du Sénégal
Excellence Monsieur le Président,
Je vous écris avec respect, mais aussi avec la gravité d’un patriote inquiet.
Notre pays étouffe.
L’autorité de l’État s’effrite, les institutions doutent, et la société se fragilise.
Quand votre Premier ministre affirme que « le pays manque d’autorité » et que le silence suit, c’est déjà une alarme nationale.
Le CNRA est muselé.
Des décrets présidentiels sont bloqués sans raison.
Des conseillers et directeurs s’expriment hors de leurs prérogatives.
Et la confusion s’installe entre l’État et votre parti.
Pendant ce temps, les Sénégalais souffrent :
• coupures d’électricité,
• pénuries d’eau,
• entreprises qui ferment,
• retraits massifs dans les banques,
• perte de confiance dans l’avenir.
Dans ce contexte, la baisse précipitée du gaz et du pétrole, annoncée sans concertation avec le Groupement des Professionnels du Pétrole (GPP), risque de détruire des entreprises sénégalaises qui ont investi dans ce secteur stratégique.
L’État leur doit encore des milliards à travers le Fonds de soutien pétrolier.Ces dettes doivent être honorées.
Je m’exprime ici avec légitimité et expérience.
J’ai eu, en mon temps, à contribuer à libérer le pays d’un monopole étouffant dans le secteur du gaz, détenu par feu Baba Diaw, qui bloquait toute réforme.
À ma demande, un mémorandum fut transmis au Président Macky Sall, puis traité par le Premier ministre Mohamed Dionne.
Cette action a permis de retirer six des douze navires de ce monopole, évitant ainsi une crise énergétique nationale.
C’est cela, servir la République :
agir, convaincre, résoudre — et non pas se taire ou subir.
Aujourd’hui, les défis sont immenses :
chômage des jeunes, crise du système de santé, affaiblissement économique, menace sécuritaire à nos frontières.
Mais au lieu d’y répondre, notre classe politique rivalise en mobilisations, en meetings, en affrontements de slogans.
On se dispute le pouvoir, pendant que le peuple manque d’eau, de soins et d’emploi.
Excellence, la haine et l’esprit de revanche ne bâtiront jamais une Nation.
La justice, le travail et l’unité le peuvent.
Vous êtes le garant de ces valeurs.
Et l’Histoire retiendra moins vos erreurs que votre courage à les corriger.
Le Sénégal n’a pas besoin de divisions, il a besoin de direction.
Il n’a pas besoin de slogans, il a besoin de solutions.
Excellence Monsieur le Président, il est temps.
Ministre Thierno LO
Un Républicain Libre
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