FRANCE : LE PROFESSEUR DIDIER RAOULT AFFIRME QUE « L’EPIDEMIE DU COVID-19 EST EN TRAIN DE DISPARAITRE »

FRANCE : LE PROFESSEUR DIDIER RAOULT AFFIRME QUE « L’EPIDEMIE DU COVID-19 EST EN TRAIN DE DISPARAITRE »

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L’épidémie de coronavirus est-elle « en train de disparaître », comme l’affirme Didier Raoult?

L’infectiologue Didier Raoult a déclaré mardi soir que l’épidémie était en train de « disparaitre progressivement », et qu’il était possible « que l’épidémie disparaisse au printemps ». Une annonce prématurée pour certain de ses pairs.

« Pour nous l’épidémie est en train de disparaître progressivement ». Dans une vidéo postée mardi soir, le directeur de l’institut marseillais Méditerranée Infection Didier Raoult, déclare que l’épidémie de coronavirus qui sévit en France est en train de disparaître, à partir des chiffres de tests réalisés hors et dans AP-HM (Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille).

« Pour nous l’épidémie est en train de disparaître progressivement. On avait au maximum, au pic, jusqu’à 368 cas nouveaux par jour et là actuellement on est plutôt dans la zone de 60, 80 par jour », déclare l’infectiologue. « Donc il y a une diminution très très significative du nombre de cas détectés ».

Institut Méditerranée Infection

Une possibilité « que l’épidémie disparaisse au printemps »

La théorie avancée par le professeur Raoult est que le coronavirus puisse disparaître au printemps avec l’arrivée des beaux jours, comme le font d’autres virus de ce type.

« Il est possible, c’est une des possibilités que j’avais évoquées parmi d’autres, que l’épidémie disparaisse au printemps et que d’ici quelques semaines il n’y ait plus de cas, pour des raisons qui sont extrêmement étranges mais qui sont des choses qu’on a l’habitude de voir pour la plupart des maladies virales respiratoires, donc c’est assez banal », explique-t-il.

La grippe est par exemple une infection respiratoire saisonnière qui survient « dans les régions tempérées entre novembre et avril dans l’hémisphère nord, entre avril et octobre dans l’hémisphère sud », soit pendant les périodes les plus froides de l’année, explique l’Institut Pasteur.

Mais des contre-exemples existent, comme le Mers (coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient), expliquait début février à l’AFP le Pr Arnaud Fontanet, spécialiste des maladies émergentes à l’Institut Pasteur, car ce coronavirus a circulé dans des pays chauds.

« C’est une annonce un peu prématurée »

« L’hypothèse est classique, les virus saisonniers peuvent être sensibles à la température et disparaître », explique ce mercredi sur BFMTV Christophe Rapp, infectiologue à l’hôpital américain de Paris. Mais « pour ce nouveau coronavirus on ne sait pas » si la chaleur va jouer sur son fonctionnement « et il circule d’ailleurs en Afrique et en Asie où le climat est différent donc on a encore des incertitudes », rappelle-t-il.

D’autre part, « la situation épidémiologique en France est hétérogène », précise l’infectiologue, et il semble difficile pour lui de généraliser un exemple local au niveau national: « Nous par exemple en Île-de-France on est encore en plateau, donc c’est une annonce un peu prématurée, c’est une hypothèses qui méritera d’être confirmée ultérieurement ».

Une prudence partagée par Philippe de Mester, directeur général de l’Agence Régionale de Santé PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur): « Nous enregistrons, c’est vrai, depuis quelques jours une diminution de la progression de l’épidémie, pas du tout une régression. L’épidémie va se poursuivre et ça va prendre encore des semaines », expliquait-il sur France Bleu Bouches-du-Rhône mardi. Pour lui « il est tout à fait prématuré de pouvoir faire des pronostics sur la fin de l’épidémie. Nous n’en savons rien malheureusement ».

« Le virus n’est pas près de disparaître »

Enfin, la saisonnalité d’un virus ne veut pas dire qu’il disparaît le reste du temps: « On sait qu’on les retrouve quand même toute l’année », explique Arnaud Fontanet à l’AFP.

« Le virus peut disparaître par la saisonnalité, mais il peut disparaître par l’immunité collective« , explique Christophe Rapp. L’immunité collective est le principe selon lequel la propagation d’une maladie contagieuse peut être enrayée si un certain pourcentage des individus en est immunisé, et ne participe donc plus à sa diffusion. Et selon les estimations actuelles, seulement 10% de la population en France est concernée par cette immunité, « donc le virus n’est pas près de disparaître ».

BFMTV