EL MALICK NDIAYE CRITIQUE LA NOUVELLE CONFIGURATION POLITIQUE ET ALERTE SUR LA GESTION DU SÉNÉGAL

27/09/2026 La Rédaction 1 371
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Par: N F Ndiaye

ITALIE — En déplacement en Italie, El Malick Ndiaye, responsable de Pastef et premier vice-président de l’Assemblée nationale, a livré, samedi à Villongo, une lecture critique de l’évolution de la situation politique et économique du Sénégal. S’exprimant devant des militants de Pastef Italie, il est revenu sur les changements intervenus au sommet de l’État et sur les conséquences qu’il attribue à la rupture politique entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a notamment défendu le bilan de la période comprise, selon lui, entre l’arrivée au pouvoir en 2024 et mai 2026. « De 2024 à mai 2026, malgré la situation, l’espoir était de retour dans le pays », a-t-il déclaré.

Il a également affirmé que cette période avait été marquée, selon son appréciation, par une absence de scandales et par des mesures sur les prix. « Deux ans, zéro scandale, ce qui est très rare au Sénégal et particulièrement en Afrique. Deux ans de blocage des prix, rien n’a augmenté, au contraire, il y a eu des baisses », a-t-il soutenu.

« LES VANNES ONT ÉTÉ OUVERTES »

Pour El Malick Ndiaye, la nouvelle séquence politique est directement liée à la rupture intervenue entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye.

Le responsable de Pastef a utilisé une métaphore pour décrire cette évolution : « Malheureusement, depuis que le commandant de bord a quitté le navire, les vannes ont été ouvertes. »

Il estime que la présence d’Ousmane Sonko à la Primature avait, selon lui, contribué à renforcer le contrôle de l’administration et la discipline dans la gestion publique. Il affirme ainsi que les responsables administratifs auraient été davantage encadrés durant cette période.

« Même les chefs de service n’osaient pas faire ce qu’ils voulaient avec ce qui leur a été confié », a-t-il déclaré.

« J’AI PEUR POUR LE SÉNÉGAL »

Poursuivant son intervention, El Malick Ndiaye a exprimé son inquiétude face à la situation actuelle. « Ce qui est en train de se passer est extrêmement grave », a-t-il lancé avant d’ajouter : « J’ai peur pour le Sénégal. »

Ces propos s’inscrivent dans le prolongement des réserves déjà exprimées par le responsable de Pastef sur les orientations du gouvernement. Lors de la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, il avait notamment interrogé la cohérence entre la volonté affichée de poursuivre certains chantiers et le changement intervenu à la tête du gouvernement.

LE « SYSTÈME » AU CENTRE DE SES CRITIQUES

Au cours de son intervention à Villongo, El Malick Ndiaye a également réactivé l’une des principales thématiques historiques du discours de Pastef : la dénonciation du « système ».

Selon lui, les acteurs qu’il associe à ce « système » auraient retrouvé une influence dans la conduite des affaires publiques après la rupture entre les deux principales figures de l’exécutif issues de la victoire présidentielle de 2024.

« Ceux qui composaient ce système sont de retour », a-t-il affirmé, estimant que cette situation aurait contribué à accentuer les divergences au sein du pouvoir.

Il a également soutenu que ces acteurs auraient intérêt à voir s’aggraver la séparation politique entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye.

UN DISCOURS DESTINÉ AUX MILITANTS

À Villongo, le discours d’El Malick Ndiaye s’est donc inscrit dans une séquence de mobilisation politique de Pastef auprès de sa diaspora. Il a appelé les militants à rester attentifs à l’évolution de la situation nationale et à la préservation des orientations défendues par le parti.

Ses déclarations interviennent alors que les divergences entre responsables de Pastef et le gouvernement sont devenues un sujet récurrent du débat politique sénégalais. Le responsable du parti avait déjà interpellé le Premier ministre sur la continuité revendiquée par l’exécutif et sur la nécessité, selon lui, de maintenir le cap fixé par Pastef.

À Villongo, El Malick Ndiaye a ainsi livré une intervention essentiellement politique, centrée sur la rupture au sommet de l’État, la gouvernance publique et la place que Pastef entend continuer à occuper dans la conduite du projet politique issu de la présidentielle de 2024.

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