CUBA : JOÃO LOURENÇO PLAIDE À L’ONU POUR LA FIN DE L’EMBARGO AMÉRICAIN

Par: D Niang
Le président angolais João Lourenço a profité de la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies pour renouveler son appel à la levée de l’embargo américain contre Cuba. Une prise de position qui intervient le même jour que le discours du président américain Donald Trump, dont les déclarations sur Cuba ont illustré les profondes divergences entre Washington et plusieurs pays du Sud.
À New York, João Lourenço a dénoncé le traitement réservé à l’île depuis plusieurs décennies. Selon le chef de l’État angolais, les sanctions américaines contribuent à aggraver les difficultés économiques et sociales auxquelles sont confrontés les Cubains.
« Nous sommes préoccupés par la manière injuste et profondément insensible dont Cuba est traitée depuis plusieurs décennies », a déclaré le président angolais, estimant que l’embargo prolongé pèse lourdement sur les conditions de vie de la population.
LUANDA DÉFEND CUBA
Dans son intervention, João Lourenço a également rejeté l’idée que Cuba représente une menace directe pour la sécurité internationale. Il a rappelé que l’île ne dispose pas, selon lui, d’armes nucléaires, chimiques ou bactériologiques susceptibles de constituer une menace imminente pour d’autres États.
Le président angolais a par ailleurs insisté sur les liens historiques entre Cuba et l’Afrique. Il a notamment évoqué le rôle joué par les forces cubaines dans les conflits et les luttes de libération en Afrique australe, ainsi que leur contribution à la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud.
Fort de cet héritage historique, João Lourenço a renouvelé son appel à Washington pour mettre fin à l’embargo, qu’il considère comme contraire aux principes du droit international.
TRUMP MAINTIENT LA PRESSION SUR LA HAVANE
Quelques heures plus tôt, Donald Trump avait adopté une position radicalement différente devant la même Assemblée générale. Le président américain a qualifié Cuba d’« État défaillant » et affirmé que son administration exerçait une forte pression sur les autorités cubaines.
Donald Trump a également déclaré que la liberté allait bientôt arriver sur l’île et que le système communiste cubain était proche de sa fin.
Ces deux interventions mettent en évidence le profond désaccord entre Washington et ses détracteurs sur la situation cubaine. Alors que l’administration américaine attribue une grande partie des difficultés de l’île aux choix politiques et économiques du gouvernement cubain, La Havane considère les sanctions américaines comme un facteur majeur de la crise.
UNE ÎLE CONFRONTÉE À UNE CRISE MULTIPLE
Le débat diplomatique intervient dans un contexte particulièrement difficile pour Cuba. L’île fait face à des pénuries de carburant et de devises, à une inflation élevée et à des coupures d’électricité répétées.
Le réseau électrique national a notamment subi un nouvel effondrement le 18 septembre, aggravant les difficultés quotidiennes de la population.
À l’ONU, les discours de João Lourenço et Donald Trump ont ainsi exposé deux approches opposées de la crise cubaine : l’une appelant à la levée de l’embargo et à un soutien accru à la population, l’autre défendant le maintien de la pression sur le gouvernement de La Havane.
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