AU 39E SOMMET DE L’UNION AFRICAINE, L’EAU AU CŒUR DE LA TRANSFORMATION DE « L’AFRIQUE QUE NOUS VOULONS »

Loading

Au 39ᵉ Sommet de l’Union africaine, les chefs d’État et de gouvernement ont donné à l’eau une place centrale dans la feuille de route visant à bâtir « l’Afrique que nous voulons ». Reconnaissant le rôle déterminant de l’eau pour le développement économique, la justice sociale et la stabilité régionale, les dirigeants ont adopté la nouvelle Vision africaine de l’eau, considérée comme une étape majeure pour traduire les engagements politiques en actions concrètes.

La Vision, fruit de consultations multi-niveaux entre États membres, experts et acteurs de la société civile, fixe des priorités claires : garantir l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, renforcer la résilience face aux changements climatiques, promouvoir une gouvernance intégrée des bassins versants et mobiliser des financements durables pour les infrastructures hydrauliques. Elle appelle également à une meilleure coordination transfrontalière afin d’éviter les tensions liées au partage des ressources et à favoriser une gestion équitable et durable.

Sur le plan diplomatique, le Sommet a offert une occasion de dialogues bilatéraux et multilatéraux. C’est dans ce contexte que le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko s’est entretenu avec Son Excellence António Guterres, Secrétaire général des Nations unies. Les deux responsables ont mis l’accent sur la préparation de la Conférence des Nations unies sur l’Eau 2026, que le Sénégal co-organisera avec les Émirats arabes unis à Abu Dhabi.

La conférence de 2026, annoncée comme un moment clé pour accélérer l’action mondiale sur l’eau, vise à renforcer les financements, intensifier la coopération internationale, et promouvoir la science et l’innovation pour des solutions durables. Lors de leur échange, le Premier ministre Sonko a réaffirmé l’engagement du Sénégal à jouer pleinement son rôle d’hôte et de moteur de cette initiative, en mobilisant les partenaires régionaux et internationaux pour garantir un programme ambitieux et des résultats tangibles.

Les discussions ont également abordé la nécessité d’aligner les politiques nationales avec les objectifs continentaux et mondiaux, notamment les Objectifs de développement durable relatifs à l’eau et à l’assainissement. Les deux responsables ont souligné l’importance d’instruments financiers innovants, tels que les fonds mixtes public-privé et les mécanismes de garantie, pour attirer des investissements significatifs dans les infrastructures hydriques et les technologies d’économie d’eau.

La nouvelle dynamique impulsée par le Sommet suscite l’espoir d’un renforcement des capacités locales — ingénierie, gouvernance, suivi et évaluation — afin que les projets se traduisent par des services durables pour les populations. Les ONG et acteurs communautaires présents ont appelé à ce que les priorités définies par la Vision africaine de l’eau se traduisent rapidement en projets concrets, en particulier dans les zones rurales et périurbaines les plus vulnérables.

Alors que le continent se prépare à la conférence d’Abu Dhabi en 2026, l’adoption de la Vision africaine de l’eau au 39ᵉ Sommet marque un tournant politique : elle envoie un signal fort — aux partenaires financiers, aux institutions multilatérales et aux citoyens — que la gestion de l’eau est désormais considérée comme une pierre angulaire de la transformation socio-économique de l’Afrique. Le défi reste de taille : transformer les engagements en investissements et résultats mesurables pour améliorer effectivement la vie des Africaines et des Africains.