PLFR 2026 : AMINATA TOURÉ ALERTE SUR LES RISQUES DU BLOCAGE BUDGÉTAIRE POUR L’ÉCONOMIE

26/10/2026 Djiby 1 101
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Par P K Faye

Le rejet du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 en Commission des finances de l’Assemblée nationale continue d’alimenter les tensions politiques. Lors d’un point de presse d’urgence du parti Kiiraay–Les Patriotes Républicains, ce lundi 26 octobre à Dakar, Aminata Touré a vivement critiqué la décision des députés de Pastef. Pour la coordinatrice du parti, ce blocage risque d’affecter les dépenses publiques et les entreprises sénégalaises.

« Une irresponsabilité gravissime » : 2 505 milliards de FCFA en jeu

Aminata Touré a mis en avant les montants inscrits dans le projet de loi pour souligner les conséquences qu’elle redoute d’un rejet du texte. « Dans la LFR 2026, il y a 2 505 milliards FCFA d’autorisations d’engagement de dépenses, dont 1 500 milliards de crédits de paiement. C’est juste pour vous montrer la gravité de l’irresponsabilité du refus de voter la LFR », a déclaré la responsable politique.

Selon elle, le blocage du projet pourrait compromettre la capacité de l’État à engager certaines dépenses et à effectuer des décaissements attendus par les différents acteurs économiques.

« Empêcher l’État du Sénégal d’engager des dépenses à hauteur de 2 505 milliards et l’empêcher de décaisser 1 500 milliards qui iraient directement injectés dans notre économie qui en a tant besoin », a-t-elle soutenu.

Ces déclarations interviennent alors que les divergences entre le gouvernement et la majorité parlementaire portent notamment sur les orientations budgétaires et les conditions d’exécution du PLFR 2026.

Le secteur privé au cœur des préoccupations

Au-delà des dépenses de l’État, Aminata Touré a insisté sur les conséquences potentielles pour les entreprises sénégalaises, notamment celles qui attendent le règlement de leurs créances publiques.

La coordinatrice de Kiiraay a rappelé que le secteur privé emploierait plus de 350 000 salariés et évoqué les efforts engagés pour apurer les arriérés dus aux entreprises.

« Le secteur privé emploie plus de 350 000 salariés et l’État lui devait une dette colossale. À son arrivée, le président Diomaye a décidé d’épurer cette dette : en 2025, 488,3 milliards FCFA ont été payés par la LFR sur une dette totale de 2 494,93 milliards. Cette année, il est inscrit un paiement d’arriérés de 300 milliards dans la LFR 2026 », a-t-elle expliqué.

Pour l’ancienne Première ministre, l’adoption du texte constitue ainsi un enjeu important pour la trésorerie des entreprises et la continuité de leurs activités. Elle estime qu’un blocage pourrait fragiliser les acteurs économiques concernés et peser sur l’emploi.

La responsabilité du blocage au centre du débat politique

En conclusion, Aminata Touré a directement interpellé les députés sur les conséquences qu’elle attribue à leur décision de rejeter le texte en commission.

« Un refus de voter cette LFR 2026 va impacter de plein fouet le secteur privé, et ce sera de la seule et entière responsabilité des députés », a-t-elle affirmé.

Cette sortie vient renforcer le débat politique autour du PLFR 2026, à la veille de son examen en séance plénière. Alors que le gouvernement défend ses arbitrages budgétaires et que des parlementaires expriment leurs réserves, les discussions portent désormais autant sur le contenu du texte que sur ses conséquences économiques.

L’issue de cet examen parlementaire sera déterminante pour la suite de la procédure budgétaire. Les arguments avancés par Aminata Touré devront toutefois être appréciés à la lumière des dispositions précises du projet de loi et des décisions qui seront prises par l’Assemblée nationale.

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