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Dans les profondeurs aurifères de Satadougou, là où l’or attise les convoitises et alimente trop souvent les réseaux clandestins, un nom circule désormais avec insistance : Brigadier-chef Assane Yatma Dieye, dit *“Ndigal”*.
Affecté depuis deux ans au poste frontière de Moussala et chef du poste de Guemedié, cet agent issu de l’AP 2 vient d’entrer dans la lumière par la grande porte. Non pas pour un discours. Non pas pour une promotion. Mais pour un acte rare : *refuser la corruption, et pas n’importe laquelle.*
*70 millions sur la table… et un “NON” historique*
Après avoir démantelé un site d’orpaillage clandestin à Satadougou et saisi six engins d’exploitation d’or, le brigadier-chef Dieye procède à l’arrestation des suspects. L’affaire semble déjà lourde. Mais le plus spectaculaire reste à venir.
Selon des sources concordantes, une caisse remplie de liasses de billets , estimée à 70 millions de francs CFA, aurait été transportée pour “négocier” la liberté des mis en cause et la restitution du matériel.
*Soixante-dix millions.*
Dans un contexte où la pression peut être tentante, où l’isolement d’un poste frontalier peut fragiliser les consciences, Ndigal a opposé un refus catégorique.
Pas d’hésitation.
Pas de compromis.
Pas de marchandage.
Il poursuit la procédure, sécurise les pièces à conviction, et livre suspects et matériel saisi au poste central de Moussala.
Sous pression, mais inébranlable
Depuis cette opération, l’agent serait sous une pression immense. Car toucher aux circuits clandestins de l’or, c’est déranger des intérêts puissants. L’orpaillage illégal dans la région de Kédougou n’est pas qu’une affaire de pelles et de pioches : c’est un système parallèle, structuré, financé, parfois internationalisé.
Mais le brigadier-chef Dieye incarne aujourd’hui ce prototype rare du fonctionnaire incorruptible, celui qui ne plie ni sous l’argent ni sous l’intimidation.
Un symbole au-delà d’un simple fait divers
Cette affaire dépasse le simple cadre d’une saisie d’engins ou d’une tentative de corruption. Elle pose une question fondamentale :
Que vaut encore l’intégrité dans nos institutions ?
À Kédougou, un policier vient d’y répondre par un acte.
Dans un pays où l’exemplarité est souvent réclamée, rarement démontrée, le nom d’Assane Yatma Dieye s’inscrit désormais comme un symbole. Un rappel que l’État tient encore debout grâce à des hommes et des femmes qui choisissent le devoir plutôt que le gain facile.
L’histoire retiendra peut-être le chiffre : 70 millions.
Mais l’essentiel est ailleurs.
Un homme a dit non.
Et parfois, un simple “non” vaut plus que tout l’or de Kédougou.
*Ibrahima Khalil Dieng* Journaliste spécialiste des questions militaires et de la sécurité publique

