AFFAIRE DES 18 SUPPORTERS DÉTENUS AU MAROC : OUSMANE SONKO ADMET LES LIMITES DU SÉNÉGAL ET ANNONCE UN SOUTIEN POUR LE RAMADAN

Loading

Alors que la séance des questions d’actualité battait son plein à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a profité de la tribune pour faire le point sur un dossier sensible qui taraude l’opinion publique sénégalaise : celui des 18 supporters de l’équipe nationale, détenus au Maroc depuis la finale de la CAN 2025.

Interpellé sur la question, le chef du gouvernement a fait preuve d’une franchise déconcertante, reconnaissant les limites de la diplomatie sénégalaise dans cette affaire épineuse. « Pour ce qui est de nos compatriotes détenus au Maroc, le Sénégal ne peut pas aller au Maroc et leur forcer la main pour qu’ils libèrent nos enfants », a-t-il déclaré, en pesant soigneusement ses mots.

Une sortie qui sonne comme un aveu d’impuissance, mais aussi comme une leçon de réalisme diplomatique. Ousmane Sonko n’a pas éludé la dimension politique de cette détention, laissant entendre que les ressorts de cette affaire dépassent largement le cadre sportif. « Même si nous savons tous que leur incarcération dépasse le sport lui-même, cela n’explique pas le fait qu’ils soient maintenus en prison », a-t-il regretté, soulignant ainsi le paradoxe d’une situation où les considérations extrajudiciaires semblent primer.

Face à l’émotion grandissante des familles et de l’opinion, le Premier ministre a néanmoins tenu à apporter une réponse concrète, bien que modeste, en cette veille de mois sacré. « En ce qui concerne leurs familles, le gouvernement sera à leur chevet durant ce mois béni de Ramadan », a-t-il annoncé, promettant un accompagnement social aux proches des détenus.

Si cette annonce apporte un peu de baume au cœur des familles éprouvées, elle ne dissipe pas pour autant les interrogations sur l’issue de ce feuilleton judiciaire qui empoisonne les relations entre les deux pays frères. En attendant une éventuelle issue diplomatique ou une mesure de clémence des autorités marocaines, le gouvernement sénégalais semble vouloir jouer la carte de la patience et de la solidarité nationale.

Reste à savoir si cette main tendue pendant le Ramadan suffira à apaiser la colère des proches, alors que les jours de détention s’accumulent pour ces 18 supporters dont le seul tort aura peut-être été de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment.