PLFR 2026 : APRÈS LE SECOND REJET EN COMMISSION, LE GOUVERNEMENT ALERTE SUR LES RISQUES BUDGÉTAIRES

01/11/2026 Djiby 1 089
Publicité

Par D Niang

Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan tire la sonnette d’alarme après le deuxième rejet du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 par la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale.

Dans un communiqué publié le samedi 31 octobre, le département ministériel regrette l’absence d’amendements ou de contrepropositions des parlementaires et met en garde contre les risques liés à une prolongation de l’incertitude budgétaire, notamment sur les financements, la trésorerie de l’État et l’exécution des dépenses prioritaires.

 

Le gouvernement entend ainsi faire connaître ses préoccupations après la décision prise vendredi 30 octobre par la Commission des finances de rejeter une nouvelle fois le texte.

 

Dans son communiqué, le ministère affirme avoir privilégié une démarche de transparence et de dialogue avec les parlementaires. Il rappelle avoir transmis, le 30 octobre, un document détaillé en réponse au mémorandum reçu quatre jours plus tôt, le 26 octobre, et présentant les principales préoccupations du groupe parlementaire PASTEF.

 

Selon le département ministériel, plusieurs séances de travail ont permis d’apporter des éclaircissements sur les questions soulevées par les députés, notamment les subventions énergétiques, les bourses de sécurité familiale et les dépenses considérées comme prioritaires.

 

« Les éclaircissements et les pièces justificatives requises ont été transmis aux honorables députés afin qu’ils puissent prendre une décision éclairée et documentée », indique le communiqué.

 

Le ministère regrette l’absence d’amendements et de contrepropositions

 

Malgré les échanges engagés, la Commission des finances et du contrôle budgétaire a maintenu son opposition au projet de loi. Une décision que le ministère dit regretter, estimant avoir répondu aux préoccupations formulées par les parlementaires.

 

Le MEFP insiste particulièrement sur l’absence de propositions alternatives au texte gouvernemental.

 

« Malgré le rejet des réponses et des éclaircissements fournis au bout de trois séances, le ministère tient à souligner qu’à date, la Commission n’a formulé aucun amendement ni contreproposition », souligne le communiqué.

 

Cette situation illustre les divergences persistantes entre le gouvernement et la commission parlementaire sur les ajustements budgétaires proposés pour la fin de l’exercice 2026.

Des risques pour la trésorerie et les dépenses prioritaires

Au-delà du désaccord parlementaire, le ministère met en avant les conséquences financières potentielles d’un blocage prolongé du PLFR.

 

Il rappelle que la loi de finances rectificative permet d’adapter les prévisions budgétaires aux évolutions des ressources et des dépenses de l’État. Elle constitue également un instrument pour ajuster les financements nécessaires à la mise en œuvre des priorités nationales et au respect des engagements publics.

 

Le contexte économique et financier est toutefois présenté comme contraignant, avec des marges de manœuvre réduites, des difficultés d’accès aux marchés financiers et des négociations en cours avec le Fonds monétaire international (FMI).

 

Dans ces conditions, le ministère estime qu’une incertitude prolongée pourrait compromettre la mobilisation de ressources supplémentaires.

 

« La prolongation de l’incertitude budgétaire risque de compromettre la mobilisation des financements destinés à couvrir les gaps de ressources en 2026 et d’accroître les tensions sur la trésorerie de l’État, au détriment des dépenses prioritaires et des populations », avertit le département ministériel.

Les discussions avec le FMI en toile de fond

Les négociations en cours avec le Fonds monétaire international constituent également un élément important du contexte budgétaire.

 

Selon le ministère, la reprise des investissements et la mobilisation de nouveaux financements nécessitent une meilleure visibilité sur les orientations budgétaires du Sénégal.

 

Le maintien des incertitudes autour du PLFR pourrait ainsi compliquer les efforts de mobilisation des ressources nécessaires à l’exécution du programme gouvernemental.

 

Pour le MEFP, l’adoption du texte permettrait notamment d’ajuster les prévisions financières et de mieux prendre en charge les engagements de l’État au titre de l’année 2026.

 

Le gouvernement mise sur la séance plénière

 

Malgré ce deuxième rejet en commission, le ministère affirme rester disponible pour poursuivre les échanges avec les députés dans un esprit de dialogue qu’il souhaite « constructif et responsable ».

 

Il compte désormais sur la prochaine séance plénière pour tenter de dépasser les divergences autour du projet de loi.

 

Le département ministériel espère que les parlementaires privilégieront l’intérêt des populations et permettront l’adoption du texte.

 

« Il espère que lors de cette séance plénière, le sens des responsabilités et de l’intérêt supérieur des populations permettra à toutes les parties de se retrouver autour de l’essentiel, à savoir l’adoption de la loi de finances rectificative afin de soulager les populations », conclut le communiqué.

 

Le dossier du PLFR 2026 se déplace ainsi vers la séance plénière de l’Assemblée nationale, où les députés devront se prononcer sur un texte au centre des tensions entre l’Exécutif et le Parlement.

 

Articles similaires