FILDAK 2026 : LE SÉNÉGAL ET L’ÉGYPTE MISENT SUR LE LIVRE ET LA SOUVERAINETÉ DU SAVOIR

Par: Assane Diop
La 18ᵉ édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK) a officiellement ouvert ses portes jeudi 15 octobre 2026. Placée sous le signe du dialogue des cultures, cette édition met l’Égypte à l’honneur et relance la réflexion sur la transmission des savoirs, la valorisation du patrimoine africain et les défis liés à l’intelligence artificielle.
Le livre au service du rapprochement entre les peuples. C’est l’un des messages portés lors de la cérémonie d’ouverture de la 18ᵉ édition de la FILDAK, organisée à Dakar en présence de personnalités des milieux diplomatique, culturel et éducatif. Pays hôte de cette édition, l’Égypte était représentée par son vice-ministre de la Culture, Omar Selim.
Dans son intervention, le responsable égyptien a insisté sur l’importance du dialogue interculturel, du partage des connaissances et du renforcement des relations entre Dakar et Le Caire. La participation de l’Égypte témoigne ainsi de la volonté de promouvoir les échanges littéraires et culturels entre les deux pays.
Au-delà de sa dimension commerciale, la FILDAK constitue un espace de rencontres entre auteurs, éditeurs, enseignants, chercheurs et professionnels de la chaîne du livre. Elle contribue également à la circulation des œuvres et des idées, ainsi qu’à la valorisation des patrimoines littéraires et historiques.
Mouhamed Al Aminou Lô insiste sur la transmission des savoirs
Représentant le président de la République à cette cérémonie, le Premier ministre, Mouhamed Al Aminou Lô, a clôturé la séquence officielle des allocutions en mettant l’accent sur le rôle du livre dans la formation des citoyens et la préservation de la mémoire collective.
Il a notamment rappelé l’importance des bibliothèques dans la conservation et la transmission des connaissances aux générations futures. Au-delà des ouvrages qu’elles abritent, celles-ci constituent des espaces de partage des savoirs, des mémoires et des imaginaires.
Cette vision renvoie à un enjeu majeur pour le Sénégal et le continent africain : permettre aux jeunes générations de mieux connaître leur histoire et de s’approprier leur patrimoine intellectuel et culturel.
Intelligence artificielle : préserver l’esprit critique
Les mutations numériques et le développement de l’intelligence artificielle ont également occupé une place dans les réflexions présentées lors de la cérémonie.
Si ces technologies offrent de nouvelles possibilités pour produire, conserver et diffuser les connaissances, elles soulèvent aussi des questions relatives à la fiabilité des sources, à l’authenticité des œuvres et à la place de la créativité humaine.
Face à ces évolutions, le Premier ministre a mis en avant la nécessité de concilier l’utilisation des outils technologiques avec la préservation de l’autonomie intellectuelle. L’éducation et la lecture demeurent, dans cette perspective, des leviers essentiels pour former une jeunesse capable de faire preuve de discernement et d’esprit critique.
La souveraineté du savoir au cœur des enjeux
La valorisation de l’histoire africaine et le renforcement des capacités nationales de recherche, de documentation et d’édition constituent d’autres enjeux soulevés lors de cette rencontre.
La souveraineté du savoir suppose notamment de soutenir les auteurs sénégalais et africains, de développer la production intellectuelle locale et de faciliter l’accès à des ressources documentaires diversifiées.
Elle implique également de promouvoir des contenus éducatifs prenant en compte les réalités historiques et culturelles du continent. Pour le Sénégal, cette orientation participe à la construction d’une identité collective fondée sur une meilleure connaissance du passé et sur la transmission des connaissances.
Bibliothèque nationale et Maison des arts : des projets annoncés
Le Premier ministre a par ailleurs évoqué les projets de Bibliothèque nationale et de Maison des arts, présentés comme des infrastructures structurantes pour le développement culturel du pays.
Selon les informations communiquées lors de la cérémonie, le président de la République a donné des instructions au ministre de la Culture pour engager la structuration de ces deux projets. Le foncier nécessaire aurait été identifié, avec une implantation envisagée dans l’enceinte du Musée des Civilisations noires.
Leur réalisation pourrait renforcer les capacités du Sénégal en matière de conservation documentaire, de recherche, de création artistique et d’accès à la culture. Ces infrastructures offriraient également de nouvelles perspectives aux chercheurs, aux étudiants, aux artistes et au grand public.
Le livre, un pont entre Dakar et Le Caire
La présence de l’Égypte à la FILDAK 2026 ouvre des perspectives de coopération dans les domaines de la littérature, de la traduction, de l’édition et de la recherche. Les échanges entre les institutions culturelles des deux pays pourraient notamment contribuer à une meilleure circulation des œuvres et à une plus grande visibilité des productions africaines.
À travers cette 18ᵉ édition, le Sénégal et l’Égypte mettent ainsi en avant le rôle du livre dans le dialogue entre les civilisations et la compréhension mutuelle entre les peuples.
Au-delà des rencontres professionnelles et des expositions, l’enjeu reste de transformer ces orientations en actions concrètes au bénéfice des auteurs, des éditeurs, des enseignants, des chercheurs et surtout de la jeunesse.
Par Assane Diop
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