FILIÈRE SUCRE : LES SYNDICATS DE LA CSS RÉCLAMENT UNE RÉGULATION DU MARCHÉ

15/10/2026 La Rédaction 427
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Par: A Sene

Le collectif des organisations syndicales de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) plaide pour une régulation du marché du sucre, à l’image des mécanismes appliqués à d’autres produits agricoles comme l’oignon, la pomme de terre et la banane. Les syndicats alertent sur une mévente estimée à 50 000 tonnes de sucre et dénoncent la multiplication des autorisations d’importation, qu’ils jugent préjudiciable à la production locale et à l’emploi.

Lors d’une conférence de presse tenue mercredi, Amary Diouf, secrétaire général de la section CNTS/FC et secrétaire général national adjoint, a appelé les autorités à mettre en place un dispositif de régulation adapté à la filière sucrière.

« Tout le monde sait que le marché de l’oignon est bien régulé et qu’il n’y a pas d’importation d’oignons tant que la production locale existe », a-t-il déclaré, s’interrogeant sur l’absence d’un mécanisme similaire pour le sucre.

UNE MÉVENTE ESTIMÉE À 50 000 TONNES

Selon les représentants syndicaux, la CSS fait face à d’importantes difficultés d’écoulement de sa production. Ils mettent notamment en cause la prolifération des déclarations d’importation de produits alimentaires (DIPA), qui permettent l’importation de sucre sur le marché sénégalais.

Amary Diouf affirme que les difficultés de la compagnie s’accentuent depuis deux à trois ans. Une situation qui, selon lui, affecte directement les travailleurs, en particulier les saisonniers, considérés comme les plus vulnérables face aux conséquences économiques de cette crise.

L’urgence est d’autant plus grande que la prochaine campagne de production, prévue à partir du 15 novembre selon les indications fournies par le collectif, approche. Les syndicats craignent que les 50 000 tonnes de sucre invendues ne viennent s’ajouter aux volumes issus de la campagne 2026-2027, accentuant ainsi les difficultés de commercialisation.

LES SYNDICATS INTERPELLENT LES AUTORITÉS

Pour le collectif, la CSS occupe une place importante dans le tissu industriel et économique du Sénégal, notamment en matière d’emplois. Amary Diouf estime que cette entreprise doit bénéficier de mesures permettant de préserver son activité et de faciliter l’écoulement de sa production.

« Nous demandons simplement qu’à chaque fois que la campagne commence, qu’on puisse nous permettre d’écouler notre production », a-t-il expliqué.

Les organisations syndicales indiquent avoir déjà rencontré le ministre du Commerce, Serigne Guèye Diop. À l’issue de ces échanges, elles disent avoir constaté une convergence de vues sur la nécessité de réguler le marché du sucre.

Elles attendent désormais que cette convergence se traduise par des mesures concrètes. Le collectif affirme également avoir engagé des démarches auprès d’autres autorités, notamment le ministre de la Fonction publique.

Au-delà de la commercialisation des stocks, les syndicats souhaitent ainsi obtenir un cadre de régulation qui permette de mieux articuler les importations et la production nationale, tout en limitant les répercussions des difficultés du secteur sur les emplois.

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