XÉNOPHOBIE : ABDOULAYE WILANE APPELLE À PROTÉGER LES SÉNÉGALAIS SANS STIGMATISER LES ÉTRANGERS

05/09/2026 Djibril Diallo 544
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Face aux difficultés économiques et sociales qui alimentent les inquiétudes au Sénégal, Abdoulaye Wilane, porte-parole du Parti socialiste, appelle à éviter toute instrumentalisation de la présence étrangère. Dans une note politique intitulée « Mettre fin à la xénophobie : protéger les Sénégalais sans renier le Sénégal », le responsable socialiste plaide pour un équilibre entre protection des intérêts nationaux, régulation et respect des valeurs républicaines.

Pour Abdoulaye Wilane, le chômage, la précarité, la baisse du pouvoir d’achat, les difficultés d’accès à l’emploi et le sentiment de déclassement d’une partie de la jeunesse constituent des préoccupations réelles. Mais ces difficultés, estime-t-il, ne peuvent être imputées systématiquement aux étrangers. Il appelle ainsi à s’attaquer aux causes économiques, sociales, institutionnelles et structurelles des problèmes du pays.

RÉGULER SANS STIGMATISER

Le porte-parole du Parti socialiste reconnaît à l’État le droit et le devoir de contrôler les conditions d’entrée, de séjour et de travail sur son territoire. Il estime également nécessaire de lutter contre le travail illégal, la fraude, l’exploitation et la concurrence déloyale.

Mais cette politique de régulation doit, selon lui, s’appuyer sur le droit et s’appliquer à tous, quelle que soit leur nationalité. Il met notamment en garde contre le risque de transformer la lutte contre certaines pratiques illégales en une mise en cause globale de l’étranger.

Wilane préconise ainsi de distinguer la présence étrangère régulière, l’immigration irrégulière, la concurrence déloyale, la concentration économique et les problèmes d’intégration. Pour lui, les politiques publiques doivent reposer sur des faits et des données plutôt que sur des impressions.

« PROTÉGER LES TRAVAILLEURS SÉNÉGALAIS »

La défense des intérêts économiques des Sénégalais demeure, selon Abdoulaye Wilane, pleinement légitime. Il cite notamment l’accès des jeunes à l’emploi ainsi que la nécessité de garantir des conditions équitables aux artisans, commerçants, entrepreneurs et travailleurs nationaux.

Toutefois, il estime que la préférence nationale doit être conçue comme une politique de protection et de promotion des citoyens sénégalais, et non comme une politique de rejet des étrangers.

Le responsable socialiste insiste surtout sur les réponses structurelles : renforcement de l’appareil productif, formation professionnelle, industrialisation et création d’emplois décents. Selon lui, la seule réduction de la présence étrangère ne saurait résoudre les difficultés liées au chômage des jeunes Sénégalais.

L’HOSPITALITÉ SÉNÉGALAISE ET LA NÉCESSITÉ DES RÈGLES

Dans sa note, Abdoulaye Wilane défend également l’image d’un Sénégal traditionnellement marqué par l’accueil, le brassage et la coexistence. Une tradition qu’il considère comme une richesse nationale.

Mais cette hospitalité, souligne-t-il, ne doit pas être confondue avec l’absence de règles. Le Sénégal peut rester une terre d’accueil tout en renforçant l’organisation et le contrôle de son territoire.

WILANE MET AUSSI EN GARDE CONTRE LE COMMUNAUTARISME

Au-delà de la question de la xénophobie, le porte-parole du Parti socialiste attire l’attention sur les risques liés au communautarisme. Il estime que les appartenances culturelles et les traditions peuvent être préservées, à condition qu’elles ne prennent pas le pas sur la citoyenneté, la République et l’intérêt général.

Pour lui, le Sénégal doit éviter de voir émerger des communautés constituées en blocs politiques ou électoraux distincts. La réponse au communautarisme devrait plutôt passer par la citoyenneté, l’intégration, l’égalité devant la loi et le renforcement des institutions.

« LES SÉNÉGALAIS SONT AUSSI DES MIGRANTS »

Abdoulaye Wilane rappelle par ailleurs la réalité de la migration sénégalaise. Des Sénégalais vivent, travaillent, étudient ou entreprennent à l’étranger et contribuent aux économies des pays qui les accueillent.

Cette réalité impose, selon lui, une forme de réciprocité. Le respect exigé pour les Sénégalais vivant à l’étranger doit également être accordé aux ressortissants étrangers présents au Sénégal.

UNE AFRIQUE QUI SE PROTÈGE SANS SE REFERMER

Le responsable socialiste inscrit enfin le débat dans le cadre plus large de l’intégration africaine. Il défend le principe d’une libre circulation accompagnée de règles, de contrôles et de mécanismes permettant aux États de protéger leurs économies et leurs populations.

Il met toutefois en garde contre une conception de l’Afrique fondée sur le rejet de l’autre. La souveraineté, selon lui, ne signifie pas nécessairement fermer les frontières, mais plutôt maîtriser les conditions d’entrée, les droits et les obligations de ceux qui vivent sur le territoire.

LE PS PRÔNE « LA JUSTICE SOCIALE AVANT LE REJET »

Dans une perspective explicitement socialiste, Abdoulaye Wilane place au cœur de son plaidoyer le travail, la dignité, la justice sociale et l’égalité devant la loi.

Il appelle à défendre les travailleurs sénégalais contre l’exploitation, les entrepreneurs contre la concurrence déloyale et la jeunesse contre le chômage et le déclassement, tout en demandant à l’État de renforcer la régulation des activités économiques et migratoires.

Sa ligne politique se résume ainsi : combattre l’illégalité sans combattre l’étranger, lutter contre la concurrence déloyale sans alimenter la haine et défendre la souveraineté nationale sans renoncer à la solidarité africaine.

« LE SÉNÉGAL NE DOIT PAS SE RENIER »

En conclusion, Abdoulaye Wilane reconnaît la nécessité de renforcer la régulation, de mieux encadrer certaines activités et de protéger davantage les travailleurs et acteurs économiques sénégalais. Il appelle également à rester vigilant face aux dérives communautaristes.

Mais il refuse que ces préoccupations débouchent sur un « procès collectif » contre les étrangers.

Pour le porte-parole du Parti socialiste, le Sénégal doit préserver à la fois sa souveraineté, sa cohésion nationale, son ouverture africaine et son attachement à la dignité humaine. Une position qu’il résume par une formule : « Le Sénégal aux Sénégalais, oui. Le Sénégal contre les étrangers, non. »

La note est signée par Abdoulaye Wilane, porte-parole du Parti socialiste du Sénégal.

 

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