JOUR 8 : LE CAPITAINE, FORGEUR DE CONCEPTS ET HÉRITIER D’UNE PENSÉE EN MOUVEMENT

25/08/2026 Djibril Diallo 856
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Hadj Seydou Nourou Tall aimait à rétorquer :  » En matière de prestation d’allégeance, mieux vaut se tourner vers une tendance juvénile car, dans ce domaine précis, le Seigneur ne porte nullement son choix sur des vétérans. » Il disait en wolof :  » Foo degg xaleibi dawale topp thia…Yalla dou bayyi bagua maggate mou sooge laay meyy… »

L’histoire sainte nous raconte la protestation des vétérans contre la nomination de Zeyd, alors âgé de vingt ans, comme chef d’une expédition. Là Al Maktoum s’immisce :  » Justement ! C’est parce qu’ils se disent vétérans que Dieu se voit dans l’obligation de leur trouver un successeur. » Mais qui dit relève fait référence à la continuité. 14 siècles plus tard, le ciel a mis sur le chemin des Moustarchides un favori de l’interprétation et non moins champion de la rhétorique.

La mérite du Capitaine, c’est d’avoir su rendre concret, dans une démarche mûrement réfléchie et spirituellement valable, cette maxime de son grand-père d’homonyme : « Tout ce qui est mystique peut servir dans le cadre d’une expérimentation purement scientifique. » Il réinterroge les concepts à la lumière de la Haqiqa (réalités essentielles). La pertinence du discours se trouve dans les moindres « détails » qu’il cite. Des « aller » et « retours » sur des concepts assez complexes qu’il simplifie avec une démarche intellectuelle accessible à tous.

La force du Capitaine, c’est de savoir faire valser des idées que l’intelligentsia cautionne et qui méritent d’être revisitées ou, mieux, de faire l’objet d’une déconstruction. Ainsi, il invite l’auditoire à descendre sur la terre ferme, loin des théories faisant fi de réalités de l’univers insondable du mysticisme.

Il propose plus simple : Se pencher d’abord sur l’élément de synthèse qu’on est en tant qu’humain, et chercher à comprendre les facettes qui font que l’on puisse « passer d’homme à Humain ». Et son homonyme de se penser sur la question, lors de son discours sur L’Islam & Le Monde, avec le magnifique timbre de voix qu’on lui connaît :  » C’est l’âme avec son inclination au sacré, c’est l’intelligence avec sa soif de découverte, c’est l’esprit avec ses ressources inépuisables (…) « …et il rajoute plus loin :  » L’ Homme n’est autre qu’élément de synthèse, et l’humilité reste non seulement le fondement, mais aussi la signification de sa grandeur. » Humilité que la voix du Colisée définit de façon remarquable :  » L’humilité, c’est savoir être ce que l’on est devant l’immensité de ce que l’on est pas. »

A quoi bon réciter sans anicroche versets, péripéties de l’histoire sainte et lois de la jurisprudence si on meconnait ces principes ? Et encore que nous vivons dans une société où le salaire, le rang social, les diplômes et le prestige façonnent l’individu.

 » J’ai prié et récité les textes sacrés pendant soixante ans. Et le résultat est là : Je suis devenu fou », confie un homme à Al Maktoum. Ce qui veut dire qu’il y’a absence d’un élément qui fait que l’on garde toute sa lucidité : la conscience de soi au sens spirituel du terme.

Le Chef de Guerre désigné par le Responsable Moral n’est point un « fils de » enfourchant tant bien que mal le cap d’héritier au sens biologique du terme. C’est le gardien d’un patrimoine qui prend sa source dans le tréfonds de l’œuvre des saints.

Maam Cheikh
DMWM/Axe Dakar 1

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