SÉNÉGAL : LE PRIX DE LA VIANDE DE BŒUF FLAMBE À 5 500 FCFA LE KILOGRAMME

14/08/2026 Djibril Diallo 601
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Le prix de la viande de bœuf connaît une forte progression dans plusieurs marchés du Sénégal, atteignant désormais 5 500 FCFA le kilogramme à Matam comme à Rufisque. Une hausse qui intervient dans un contexte économique difficile et en pleine période de soudure, accentuant la pression sur le budget des ménages.

À Matam, la hausse est particulièrement marquée. Il y a un peu plus d’un an, le kilogramme de viande de bœuf se vendait autour de 3 500 FCFA. Il est aujourd’hui proposé à 5 500 FCFA, soit une augmentation de 2 000 FCFA par kilogramme.

Cette flambée pèse particulièrement sur les ménages modestes, dans une zone où les difficultés alimentaires restent préoccupantes. Pour de nombreuses familles, la viande devient progressivement un produit difficilement accessible.

À RUFISQUE, LE MOUTON ATTEINT 7 000 FCFA

La situation n’est guère meilleure à Rufisque. Au marché de la Cité APIX, le kilogramme de bœuf est également vendu à 5 500 FCFA, tandis que celui du mouton peut atteindre 7 000 FCFA.

Face à ces tarifs, des consommateurs expriment leur inquiétude et appellent les pouvoirs publics à prendre des mesures afin de contenir la hausse et de préserver le pouvoir d’achat des ménages.

L’ALIMENT DU BÉTAIL ET L’APPROVISIONNEMENT EN CAUSE

Les professionnels de la filière mettent en avant plusieurs facteurs pour expliquer cette situation. L’augmentation du coût de l’aliment du bétail et les difficultés d’approvisionnement en animaux destinés à l’abattage figurent parmi les principales causes évoquées.

Les perturbations aux frontières, notamment avec le Mali, compliquent davantage l’approvisionnement du marché sénégalais. Le pays reste en effet fortement dépendant des importations de bétail provenant de plusieurs États voisins, notamment le Mali et la Mauritanie.

Cette dépendance expose le marché national aux difficultés d’approvisionnement et aux fluctuations des prix.

LES ABATTAGES EN NET RECUL

La crise de l’approvisionnement se reflète également dans les activités des abattoirs. À la Société de gestion des abattoirs du Sénégal (SOGAS), les volumes d’animaux abattus auraient, à certaines périodes, chuté d’environ 300 têtes par jour à une centaine.

Une situation jugée préoccupante par les professionnels, d’autant que certains acteurs affirment continuer à subir des pertes malgré la hausse des prix de vente. Celles-ci seraient comprises entre 40 000 et 50 000 FCFA par tête de bétail.

POUR UNE NOUVELLE POLITIQUE DE L’ÉLEVAGE

Face à cette situation, Ismaël Sow, président du Conseil national de la Maison des élevages du Sénégal, plaide pour une réflexion en profondeur sur la politique nationale de développement de l’élevage.

Selon lui, la forte dépendance du Sénégal à l’égard des pays voisins constitue une vulnérabilité pour le marché national. Il appelle ainsi à renforcer la production locale afin de tendre vers une plus grande autosuffisance en viande.

La flambée actuelle des prix pose donc la question de la capacité du Sénégal à sécuriser durablement son approvisionnement en bétail et à garantir des prix accessibles aux consommateurs.

Entre les difficultés d’approvisionnement, la hausse des coûts de production et la baisse des abattages, la filière est confrontée à un défi majeur : produire davantage localement tout en préservant le pouvoir d’achat des ménages.

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