KÉDOUGOU : UNE FEMME PRÉSENTÉE AU PARQUET POUR TRAITE DE DEUX JEUNES NIGÉRIANES ET PROXÉNÉTISME

09/08/2026 Djibril Diallo 355
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L’Antenne régionale de Kédougou de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a conduit au parquet, le 5 août 2026, une femme mise en cause dans une affaire présumée d’association de malfaiteurs, de proxénétisme et de traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle.

L’affaire a débuté le 4 août, après que les agents de la DNLT ont été informés de l’arrivée, à Sambrabougou, dans le département de Saraya, de deux jeunes femmes de nationalité nigériane qui auraient été convoyées depuis le Nigéria dans le but d’être exploitées sexuellement.

DEUX JEUNES FEMMES IDENTIFIÉES COMME PRÉSUMÉES VICTIMES

Selon les informations recueillies par les enquêteurs, les deux jeunes femmes avaient d’abord été installées dans le village de Douta, avant d’être transférées à Sambrabougou.

Elles auraient été contraintes à se prostituer et à remettre leurs revenus à la mise en cause, jusqu’au remboursement d’une somme de 1,5 million de FCFA chacune, présentée comme correspondant aux frais engagés pour leur voyage vers le Sénégal.

Une opération a alors été menée par les agents de l’antenne régionale de la DNLT. Les deux jeunes femmes ont été interpellées à leurs domiciles respectifs et identifiées comme présumées victimes de traite par exploitation sexuelle.

DES SOMMES VERSÉES SOUS CONTRAINTE

Lors de leurs auditions, les deux victimes présumées auraient expliqué avoir été convoyées depuis le Nigéria avant d’être placées sous l’emprise de la mise en cause.

D’après leurs déclarations, la première aurait déjà versé la totalité des 1,5 million de FCFA réclamés et devait retrouver sa liberté au cours de la semaine concernée.

La seconde aurait, quant à elle, déjà remis 700 000 FCFA et resterait redevable de 800 000 FCFA pour parvenir au montant exigé.

Ces éléments ont conduit les enquêteurs à approfondir les investigations sur les conditions dans lesquelles les deux jeunes femmes ont été recrutées, convoyées et exploitées.

LA MISE EN CAUSE RECONNAÎT AVOIR ORGANISÉ LEUR VENUE

Interrogée sur le convoyage des deux ressortissantes nigérianes vers le Sénégal, la suspecte aurait reconnu avoir organisé leur déplacement.

Selon ses déclarations rapportées par les enquêteurs, elle aurait versé 500 000 FCFA pour obtenir la première jeune femme et 300 000 FCFA pour la seconde auprès de personnes résidant notamment à Cotonou et dans l’État de Benue, au Nigéria.

Elle aurait ensuite organisé leur acheminement jusqu’au Sénégal avant de les placer dans les localités de Douta puis de Sambrabougou.

DES REVENUS DE PROSTITUTION UTILISÉS À DIVERSES FINS

La mise en cause aurait également reconnu avoir utilisé une partie des revenus issus de l’exploitation sexuelle des deux jeunes femmes pour couvrir certaines dépenses personnelles.

Elle aurait notamment déclaré avoir consacré une partie de ces sommes à des frais médicaux liés à un accouchement par césarienne, au paiement du loyer de son appartement à Douta ainsi qu’aux besoins de ses trois enfants restés au Nigéria.

UNE ENQUÊTE POUR REMONTER LA FILIÈRE

La conduite de la mise en cause au parquet marque une nouvelle étape dans cette affaire. Les investigations devront notamment permettre de déterminer l’étendue du réseau présumé, les éventuels complices et les modalités précises du recrutement et du convoyage des victimes.

À travers cette opération, l’Antenne régionale de la DNLT de Kédougou réaffirme également la vigilance des services compétents face aux réseaux de traite et d’exploitation sexuelle dans une région frontalière particulièrement exposée aux mouvements transfrontaliers.

L’affaire rappelle, au-delà des faits reprochés à la mise en cause, les risques auxquels peuvent être confrontées les personnes vulnérables recrutées sous de fausses promesses ou placées sous l’emprise de réseaux organisés.

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