250 ANS DE LA RÉVOLUTION DU FOUTA : UN HÉRITAGE DE JUSTICE ET DE BONNE GOUVERNANCE AU CŒUR DES DÉBATS

27/07/2026 Djibril Diallo 368
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À l’occasion du 250ᵉ anniversaire de la Révolution du Fouta, chercheurs, universitaires, autorités et descendants d’Almamy Abdoul Qâdiri Kane se sont réunis autour d’un colloque scientifique consacré à l’héritage politique, institutionnel et moral de cette période majeure de l’histoire du Sénégal et de l’Afrique.

Les échanges ont permis de revisiter les valeurs portées par les fondateurs de cette révolution, notamment la justice, le mérite, l’intégrité et la bonne gouvernance. Une réflexion qui, selon les différents intervenants, conserve toute sa pertinence face aux défis actuels de gouvernance et de développement du continent africain.

Président du comité d’organisation et descendant d’Almamy Abdoul Qâdiri Kane, le juge Hamady Ba a souligné que cette commémoration ne devait pas être perçue comme une simple célébration familiale. Il s’agit, selon lui, de transmettre aux jeunes générations un patrimoine historique qui appartient à l’ensemble de la nation sénégalaise.

À ses yeux, la Révolution du Fouta constitue une expérience politique majeure, ayant posé, dès le XVIIIᵉ siècle, les bases d’un système fondé sur la justice, le mérite et la responsabilité. Il a notamment évoqué une organisation politique privilégiant la bonne gouvernance, une gestion équitable des terres et la protection des populations vulnérables.

Revenant sur l’accession d’Almamy Abdoul Qâdiri Kane au pouvoir, Hamady Ba a rappelé que celui-ci aurait posé comme principe fondamental le refus d’un pouvoir héréditaire. La direction de la communauté devait, selon cette vision, reposer sur le mérite, la compétence, le savoir et les qualités morales.

« Tous les principes que les États modernes cherchent aujourd’hui à promouvoir existaient déjà dans le Fouta il y a plus de deux siècles », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de tirer les enseignements de cette expérience historique.

Le président de l’Association Thierno Souleymane Baal, le Général Ousmane Kane, a, pour sa part, appelé à préserver la mémoire et l’œuvre des figures historiques à l’origine de la Révolution du Fouta. Il a particulièrement insisté sur le rôle de Thierno Souleymane Baal dans la mise en place d’un système politique fondé sur la justice, l’éthique et la responsabilité.

Pour le Général Ousmane Kane, cet héritage historique peut constituer une véritable source d’inspiration pour les générations actuelles, confrontées aux enjeux de gouvernance, de justice sociale et de développement.

Le doyen de la Faculté des Lettres et Sciences humaines, le professeur Mamadou Timéra, a salué l’organisation de ce colloque scientifique. Il a plaidé pour le renforcement des recherches universitaires consacrées à la Révolution du Fouta, afin de mieux documenter cette expérience politique et de la valoriser dans l’enseignement et la recherche.

De son côté, Cheikh Tidiane Gadio a insisté sur la portée africaine et universelle de cette expérience historique. Selon lui, la Révolution du Fouta témoigne de l’existence, en Afrique, d’une longue tradition de réflexion politique et institutionnelle antérieure à la colonisation.

Les différents intervenants ont ainsi convergé vers une même conviction : l’héritage d’Almamy Abdoul Qâdiri Kane, de Thierno Souleymane Baal et des Almamy du Fouta dépasse les frontières familiales et territoriales. Il constitue, selon eux, un patrimoine historique national et africain dont les enseignements peuvent encore nourrir les débats contemporains sur la démocratie, le mérite, la justice sociale et la bonne gouvernance.

À travers la célébration de ce 250ᵉ anniversaire, les organisateurs entendent donc renforcer la transmission de cette mémoire auprès de la jeunesse et faire de l’histoire de la Révolution du Fouta un véritable outil de réflexion sur la gouvernance et le service de l’État.

Assane Diop

 

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