OUSMANE SONKO DÉVOILE LE « PROTOCOLE DE CAP MANUEL » ET RELANCE LE DÉBAT SUR 2029

02/06/2026 Djibril Diallo 10
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Face à la presse, Ousmane Sonko a livré, ce mardi, sa version détaillée de ce qu’il appelle le « protocole de Cap Manuel », un accord politique conclu selon lui avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avant l’élection présidentielle de 2024. Des révélations qui interviennent dans un contexte de tensions ouvertes entre les deux anciens compagnons de lutte.

 

Le leader de Pastef affirme que les discussions se sont déroulées alors qu’il était détenu à la prison du Cap Manuel. Selon son récit, il aurait convoqué Bassirou Diomaye Faye dans sa cellule pour évoquer l’avenir politique du mouvement à un moment où l’hypothèse d’un report de l’élection présidentielle était sur la table.

 

« Il y a réellement eu un protocole de Cap Manuel », a déclaré Ousmane Sonko. Il explique avoir rejeté toute idée de report du scrutin et confirmé son choix de faire de Bassirou Diomaye Faye le candidat de leur camp. « Je lui ai dit : je t’ai désigné et, si nous sortons, nous allons battre campagne, gagner les élections et gouverner. En 2029, nous reprendrons le cours normal des choses », a-t-il affirmé.

 

UN ENGAGEMENT SOUS LE SIGNE DE LA CONFIANCE

 

Pour appuyer ses déclarations, Ousmane Sonko assure avoir prêté serment sur la véracité de ses propos. Il soutient que Bassirou Diomaye Faye avait accepté ce schéma politique en présentant son futur mandat comme une période consacrée aux réformes structurelles.

 

Selon Sonko, le futur chef de l’État lui aurait indiqué que son mandat serait celui des réformes difficiles, avant de lui laisser le terrain politique pour l’échéance suivante. L’ancien Premier ministre affirme également avoir souhaité formaliser cet engagement devant des témoins, une démarche qui aurait été refusée par son interlocuteur au nom de la confiance mutuelle qui les unissait alors.

 

« J’ai voulu faire venir des témoins. Il m’a répondu que cela n’en valait pas la peine », a rapporté Sonko, évoquant une relation de loyauté qu’il jugeait à l’époque indéfectible.

 

LA PRÉSIDENTIELLE DE 2029 AU CENTRE DES ENJEUX

 

Le président de Pastef affirme avoir clairement posé la question de l’élection présidentielle de 2029 lors de ces échanges. Selon lui, deux scénarios avaient été envisagés : soit il soutiendrait une nouvelle candidature de Bassirou Diomaye Faye si la collaboration se poursuivait dans de bonnes conditions, soit il se présenterait lui-même à la magistrature suprême.

 

Toujours d’après Ousmane Sonko, la réponse de Bassirou Diomaye Faye ne laissait alors aucune ambiguïté. « Il m’a répondu qu’il serait mon directeur de campagne », a-t-il déclaré.

 

Ces révélations interviennent dans un contexte de rupture politique désormais assumée entre les deux figures qui avaient incarné l’alternance de 2024. Elles risquent d’alimenter davantage les débats sur les accords politiques qui ont précédé leur accession au pouvoir et sur les perspectives de l’échéance présidentielle de 2029.

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