CHAOS AUX ÉLECTIONS DES JEUNES : LA CIRCULAIRE DE DERNIÈRE MINUTE DE KHADY DIÈNE GAYE SEME LA CONFUSION

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À quelques heures seulement du scrutin, le processus électoral du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal (CCJS) a basculé dans la crise. Ce mardi 20 mai 2026, le ministère de la Jeunesse et des Sports a diffusé une circulaire classée « TRÈS URGENT » interdisant strictement le cumul des mandats de représentation à différents niveaux territoriaux. Signée par la ministre Khady Diène Gaye et notifiée aux gouverneurs le matin même du vote, la mesure a pris de court candidats, organisateurs et électeurs.

Une décision qui change les règles du jeu à la dernière seconde

Le document ministériel stipule qu’un conseiller jeune élu à titre de titulaire à un échelon territorial ne peut pas détenir simultanément un autre mandat de titulaire à un autre niveau. En cas de conflit, le siège revient automatiquement au suppléant désigné. Une exception est toutefois prévue : un élu peut être suppléant à un niveau supérieur tout en conservant son mandat de titulaire à un échelon t

Problème : la circulaire a été publiée et transmise aux autorités régionales le 20 mai, jour même des élections départementales du CCJS. Résultat, plusieurs leaders locaux ont dû retirer leur candidature en urgence. À Bambey, le président du Conseil de la jeunesse a été contraint de revoir sa position.

Vague d’indignation et de contestation

Sur les réseaux sociaux, la mesure est qualifiée de « lâcheté extrême » et de « coup de théâtre » venu modifier les règles électorales au dernier moment. Des voix s’élèvent pour dénoncer une manœuvre jugée « illégale » et réclament un recours devant la Cour suprême. L’ancienne ministre Zahra Iyane Thiam a publiquement dénoncé la gestion de cette circulaire par le ministère.

Dans plusieurs localités, la colère est palpable. Des commentaires évoquent des acteurs régionaux « laminés » par cette interdiction surprise, notamment à Louga. Le débat s’est aussi invité dans la sphère politique, certains liant la mesure à un « combat de PASTEF », tandis que d’autres estiment que l’interdiction du cumul aurait dû intervenir plus tôt.

Un scrutin sous tension malgré des résultats proclamés

Malgré le climat de confusion, des résultats provisoires ont été annoncés dans plusieurs départements. À Guédiawaye, Hubert Mendy et Oumou Khairy Thioune ont été déclarés élus présidents du CCJS départemental, une victoire saluée comme un signal fort pour la jeunesse locale. À Tivaouane, Oumar Dramé et Aïda Diaw sont sortis en tête avec respectivement 12 et 13 voix.

Légitimité en question

Pour de nombreux observateurs et acteurs de terrain, le timing de la circulaire pose problème. « Changer les règles du jeu le jour même de l’élection », dénoncent plusieurs publications, soulève des doutes sur la transparence et l’équité du processus.

Le ministère de la Jeunesse et des Sports justifie sa décision par la volonté de standardiser les pratiques électorales et d’éviter la concentration des mandats. Reste à savoir si cette explication suffira à apaiser la contestation qui enfle depuis le 20 mai, alors que la jeunesse sénégalaise attendait ce scrutin pour renouveler ses instances représentatives.