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À l’occasion du Salon international de l’énergie et du pétrole en Afrique (SIEPA 2026), tenu ce mercredi 13 mai 2026 à Dakar, le président de l’ITIE Sénégal, M. Thialy Faye, a livré une intervention majeure sur les enjeux de gouvernance dans la chaîne de valeur extractive. Face aux mutations énergétiques mondiales et aux défis liés à l’exploitation des ressources naturelles, il a appelé à une gouvernance transparente, inclusive et durable, capable de transformer les richesses extractives en véritable moteur de développement économique et social pour le Sénégal et l’Afrique.
Prenant la parole devant des représentants d’institutions internationales, des acteurs du secteur extractif ainsi que plusieurs décideurs africains, le président de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE Sénégal) a rappelé que l’Afrique, malgré l’abondance de ses ressources minières, pétrolières et gazières, peine encore à convertir ce potentiel en levier durable de croissance et de prospérité.
« Les ressources naturelles occupent désormais une place centrale dans les dynamiques géopolitiques, économiques, énergétiques et environnementales qui façonnent notre époque », a déclaré Thialy Faye, soulignant que la gouvernance de la chaîne de valeur extractive constitue un enjeu fondamental pour préserver la stabilité économique, renforcer la cohésion sociale et garantir la souveraineté nationale.
Dans son exposé, il a insisté sur la nécessité d’adopter une approche holistique de la gouvernance extractive, intégrant la transparence, la redevabilité, la participation citoyenne, le contrôle des flux financiers ainsi que la lutte contre la corruption et les pratiques illicites.
Selon lui, la chaîne de valeur extractive englobe l’ensemble du processus allant de l’attribution des licences jusqu’à la redistribution des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles, en passant par les phases d’exploration, de production et d’investissement pour les générations futures. Chacune de ces étapes, a-t-il soutenu, doit être encadrée par des mécanismes solides afin d’éviter que les ressources naturelles ne deviennent une source de vulnérabilité économique et sociale.
Abordant les nouveaux défis mondiaux, Thialy Faye a évoqué la transition énergétique internationale, qui stimule fortement la demande en gaz naturel, minerais critiques et métaux stratégiques indispensables aux technologies vertes. Il a ainsi exhorté les pays africains à développer des stratégies ambitieuses autour des minéraux critiques afin de mieux se positionner dans la future économie énergétique mondiale.
Prenant l’exemple de la République démocratique du Congo, riche en lithium et en terres rares, il a rappelé que l’Afrique dispose de ressources considérables susceptibles de contribuer à la réduction du déficit énergétique du continent, où près de 600 millions de personnes restent encore privées d’accès à l’électricité.
Le président de l’ITIE Sénégal a également plaidé pour une diversification économique, à la fois horizontale et verticale, afin de réduire la dépendance des économies africaines aux fluctuations des marchés internationaux et à la volatilité des prix des matières premières.
Sur le plan environnemental, il a reconnu que certaines activités extractives ont fortement contribué à la dégradation des écosystèmes, regrettant l’insuffisance des solutions mises en œuvre pour corriger durablement ces impacts. D’où, selon lui, l’urgence de renforcer les exigences de transparence, de gouvernance environnementale et sociale, ainsi que la redistribution équitable des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles.
Thialy Faye a par ailleurs salué les avancées enregistrées au Sénégal, notamment l’introduction de procédures d’appel à candidatures dans le nouveau Code minier pour l’attribution des titres miniers. Il a aussi mis en avant le registre des bénéficiaires effectifs, présenté comme un outil essentiel dans la lutte contre les conflits d’intérêts, la corruption et les flux financiers illicites.
Enfin, le président de l’ITIE Sénégal a lancé un appel à l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur extractive — autorités publiques, entreprises, société civile et partenaires techniques — afin de renforcer collectivement les mécanismes de transparence et de bonne gouvernance.
À l’aune de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, il a estimé que les ressources extractives doivent devenir un véritable levier de souveraineté économique, de justice sociale et de développement durable au bénéfice des générations présentes et futures.
Assane Diop



