SIEPA 2026 : DAKAR AU CŒUR DES AMBITIONS ÉNERGÉTIQUES AFRICAINES ET DES PARTENARIATS STRATÉGIQUES

Loading

La 23e édition du Salon international de l’énergie et du pétrole en Afrique (SIEPA) s’est ouverte ce mardi dans la capitale sénégalaise, plaçant les projecteurs sur un continent en quête de souveraineté énergétique. Pendant deux jours, décideurs publics, industriels, experts africains et partenaires internationaux, avec l’Italie comme pays invité d’honneur, débattent d’une question cruciale : comment faire des ressources extractives un véritable levier d’industrialisation et de développement durable ?

Sous le thème « Industries extractives : enjeux et perspectives », l’événement intervient à un moment charnière pour le Sénégal, désormais officiellement producteur de pétrole et de gaz avec l’entrée en production du champ de Sangomar et le projet GTA (Grand Tortue Ahmeyim).

Mouhamed Seck : « Les ressources extractives doivent devenir un moteur de croissance inclusive »

Ouvrant les travaux, Mouhamed Seck, président de l’ASDEA (Association sénégalaise pour le développement de l’énergie et de l’environnement) et organisateur du salon, a appelé à un changement de paradigme. Selon lui, les richesses naturelles du continent ne sauraient se limiter à des produits d’exportation brute.

« Nos ressources pétrolières, gazières et minières doivent devenir des bases d’industrialisation, de création d’emplois et de valorisation locale », a-t-il martelé, plaidant pour une gouvernance transparente, un meilleur financement des infrastructures et une montée en puissance des compétences africaines.

Dans une séquence empreinte d’émotion, M. Seck a rendu hommage à plusieurs figures disparues du secteur, saluant leur engagement indéfectible pour le développement énergétique du Sénégal et de l’Afrique.

Jean-Pierre Favennec : « L’Afrique ne doit pas freiner sa consommation énergétique »

Le président de l’ADEA (Association pour le développement de l’énergie en Afrique), Jean-Pierre Favennec, a dressé un tableau réaliste du contexte mondial : hausse continue de la consommation, tensions géopolitiques et impératif de transition énergétique.

Rappelant que l’Afrique ne contribue qu’à environ 3 % des émissions mondiales de CO₂, il a fermement plaidé pour que le continent ne soit pas privé des ressources fossiles nécessaires à son essor économique.

« L’Afrique dispose de ressources pétrolières et gazières indispensables à son développement. Il faut les utiliser intelligemment, en parallèle du déploiement des énergies renouvelables », a-t-il souligné. M. Favennec a également appelé les États africains à renforcer leur résilience énergétique face aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.

L’Italie, invité d’honneur : un partenariat d’exception

La présence italienne a constitué l’un des temps forts de ce SIEPA 2026. Félix Maria Marina, président de la Chambre de commerce italienne au Sénégal et en Afrique de l’Ouest, a insisté sur la nécessité de partenariats équilibrés centrés sur le capital humain, le transfert technologique et les intérêts des populations africaines.

Son discours a été relayé par Germinot Alexandre, représentant de la délégation italienne, qui a dévoilé un chiffre impressionnant : l’Italie compte près de 140 entreprises spécialisées dans les vannes industrielles pour le secteur pétrolier et gazier, générant un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros en 2025.

« Nos entreprises souhaitent désormais renforcer leur présence au Sénégal à travers des partenariats gagnant-gagnant et des investissements durables », a-t-il déclaré, confirmant la volonté de Rome d’ancrer sa coopération énergétique avec l’Afrique de l’Ouest.

Cheikh Niane : « Le Sénégal veut faire de ses ressources un levier de transformation économique »

Prenant la parole au nom du ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le secrétaire général Cheikh Niane a rappelé le contexte historique de cette édition : le Sénégal est désormais un pays producteur avec Sangomar et GTA.

Mais au-delà des recettes financières, l’ambition nationale est claire : « Nos ressources naturelles doivent constituer un levier de transformation structurelle de notre économie », a-t-il affirmé, en précisant la stratégie nationale fondée sur un mix énergétique équilibré (gaz, solaire, éolien, biomasse) dans le cadre du référentiel Sénégal 2050.

Un salon devenu plateforme incontournable

Au-delà des discours d’ouverture, le SIEPA 2026 se veut un espace concret de dialogue sur le financement des infrastructures, le contenu local, la formation des jeunes et la coopération régionale. Pendant deux jours, ateliers techniques et panels d’experts vont plancher sur des feuilles de route opérationnelles.

Une certitude se dégage de ces premières assises : Dakar confirme sa place de carrefour stratégique des discussions énergétiques africaines, à l’heure où sécurité énergétique et valorisation des ressources naturelles deviennent les piliers de la souveraineté des États du continent.

Assane Diop