ENTRE TRANSPARENCE ET DIALOGUE : LE DÉBAT SUR LE FADP PREND UNE NOUVELLE DIRECTION

16/04/2026 Djibril Diallo 2
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Après une séquence marquée par des interrogations et des critiques, le débat autour du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) au Sénégal amorce désormais un tournant. Les prises de parole se veulent plus nuancées, presque convergentes, entre satisfaction affichée et vigilance revendiquée.

La première réaction est venue du ministre de la Communication, Alioune Sall, qui s’est engagé à convaincre en chiffres. Dans une sortie argumentée, le ministre a présenté un rapport détaillé sur la répartition du fonds, exposant les critères appliqués et les modalités de gestion. Une démarche de reddition des comptes saluée par plusieurs professionnels des médias, qui y voient une volonté de clarification et de transparence.

Dans la foulée, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal a également pris la parole à travers ses représentants, notamment Mamadou Ibra Kane, Maïmouna Ndour Faye et Mamadou Wane. Lors de leur conférence de presse, ces acteurs ont confirmé que, malgré certaines réserves, le principe de transparence dans la gestion du FADP n’a pas été remis en cause. L’attention s’est alors déplacée vers un enjeu plus large : la nécessité de poursuivre le travail d’amélioration et d’adapter les règles à l’évolution du secteur.

ÉLARGIR LE CADRE DU DIALOGUE

Plus décisif encore, les membres du Comité de gestion du fonds, jusqu’ici souvent en retrait du débat public, ont apporté un éclairage technique et structurant. Invités dans l’émission « Lantinor » de la télévision nationale, plusieurs d’entre eux ont souligné que la répartition s’est appuyée sur des critères objectifs, adossés à une plateforme technique et à des textes réglementaires validés en amont.

Moustapha Cissé a insisté sur la rigueur méthodologique ayant encadré le processus, évoquant un travail basé sur des données vérifiées. Cheikh Thiam, de son côté, a rappelé que les travaux s’inscrivent dans un cadre consensuel en vigueur depuis 2021, renforcé par un décret d’application ne créant aucune distinction entre médias publics et privés. Pour sa part, Mamadou Thior a mis l’accent sur le respect strict des critères, invitant les entreprises de presse à mieux se préparer pour les prochaines éditions.

Une analyse confirmée par Mamadou Ndiaye, directeur du CESTI, qui a salué une méthodologie « transparente jusqu’au bout », tout en précisant que son institution n’est pas bénéficiaire directe du fonds.

Au-delà de cette reconnaissance quasi unanime, un point semble faire consensus : il faut aller plus loin. Les acteurs des médias appellent à l’instauration d’un dialogue inclusif et permanent entre les autorités et les professionnels, afin d’engager des réformes structurelles et d’adapter les textes, notamment le Code de la presse, aux réalités actuelles d’un secteur en pleine mutation.

APPLIQUER UN CADRE LÉGAL, MAIS RÉAJUSTER LES TEXTES

Selon plusieurs intervenants, le ministre n’aurait fait qu’appliquer un cadre légal déjà validé par l’ensemble des acteurs avant son adoption par l’Assemblée nationale. Ainsi, d’éventuelles insuffisances relèveraient moins de la mise en œuvre que de la pertinence même des textes, dans un contexte où le paysage médiatique évolue rapidement.

Face à la montée en puissance du numérique et à la fragilisation économique des organes de presse traditionnels, la gestion du FADP apparaît comme un révélateur des défis plus larges du secteur. Entre satisfaction assumée et vigilance revendiquée, la ligne directrice est désormais claire : consolider les acquis en matière de transparence, tout en engageant sans tarder les réformes de fond nécessaires pour garantir la viabilité et l’indépendance de la presse sénégalaise.

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