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La séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale a viré à l’affrontement verbal, ce mardi, entre le Premier ministre Ousmane Sonko et le député Abdou Mbow. Alors que ce dernier interpellait le chef du gouvernement sur sa promesse de campagne de criminaliser l’homosexualité, la réponse du Premier ministre a fusé, cinglante et définitive.
Loin de céder à la pression, Ousmane Sonko a retourné la question à son avantage, rappelant avec une précision chirurgicale que la législation sénégalaise est déjà d’une sévérité implacable sur le sujet. « On n’a pas besoin de criminaliser l’homosexualité dans la mesure où les lourdes peines de prison sont là », a-t-il asséné, visiblement agacé par ce qu’il considère comme une polémique stérile.
Le Premier ministre en a profité pour faire œuvre de pédagogie, citant les articles du code pénal qu’il connaît sur le bout des doigts. « Et je vous rappelle que c’est le premier projet de loi que je porte moi-même et que j’assume. L’acte contre nature, c’est 5 à 10 ans de prison, avec une amende allant de 2 à 10 millions de FCFA, sans préjudice des autres peines. Et si c’est avec un mineur, la peine maximale sera prononcée », a-t-il martelé, balayant d’un revers de main l’idée d’une nouvelle loi.
Une sortie qui sonne comme une douche froide pour les députés les plus conservateurs, qui espéraient une surenchère législative. En remettant les pendules à l’heure, Ousmane Sonko a non seulement défendu son bilan, mais aussi rappelé que la machine judiciaire sénégalaise, avec ses peines allant jusqu’à dix ans de prison, est déjà amplement outillée pour réprimer les pratiques homosexuelles.
« Cela ne nécessite pas de criminalisation supplémentaire pour obtenir ces sanctions », a-t-il conclu, coupant court à tout débat et renvoyant les députés à leurs textes. Une fin de non-recevoir qui risque de laisser des traces au sein d’une opposition en quête de sujets clivants.

